Joute sentimentale

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Joute sentimentale

Message par Rosa Aletti le Mer 1 Nov 2017 - 22:50

Le conteneur. Me voici enfin devant, après m’être égarée plusieurs fois dans le quartier sud de la cité. C’est-à-dire qu’il y a bien un plan que je suis censée pouvoir projeter depuis mon communicateur, mais je n’ai pas encore compris comment marche toutes ces choses, la technologie n’ayant jamais été mon point fort. Mais cela m’a permis de découvrir un peu la Cité et de me familiariser avec son caractère très hétéroclite, qui reflète certainement la variété des habitants : après, tout, si les personnes transférées viennent de tous les coins du monde et ont des profils très différents, il n’est pas étonnant que la ville qui les héberge soit à leur image : diverse.

Le conteneur est une structure assez étrange, faite de... conteneurs assemblés les uns aux autres. Le logement me paraît précaire, mais il en est sans doute de même pour une bonne partie des habitations. J’ai cru comprendre que, ici, le confort et le luxe n’étaient guère la priorité, les ressources se faisant rares. Je prends une inspiration, retenant cette anxiété qui me suit depuis ma rencontre avec Charleen : qu’est-ce donc que ce « don », et que vais-je donc bien pouvoir en faire ? Mais je ne dois pas y penser, les choses viendront les unes après les autres. J’entre finalement dans le conteneur par la petite et discrète porte d’entrée.

Je ne savais pas exactement à quoi je m’attendais, mais pas à ça. Le lieu est relativement spacieux, murs et sol en bois, un coin cuisine, trois canapés, une grande table, et d’autres choses encore. Là encore, l’ensemble est très hétéroclite, mais a quelque chose de chaleureux. Sur le côté, un escalier mène à un étage, et peut-être un second, où, j’imagine, se trouvent les chambres. Au premier coup d’oeil, je remarque que je ne suis pas seule. Un homme est assis sur un des canapés. Ma gorge se noue. S’il m’approche, je vais de nouveau avoir ces perceptions, et devoir les gérer. Et il est probable qu’il m’approche, je devrais même plutôt être celle à le faire ; après tout, c’est moi la nouvelle, à moi de me présenter à mes... colocataires ?

Je m’approche donc, et soudain je perçois un lien très fort avec un animal, un animal tout près. Je ne le vois pas, mais mon intuition me dit qu’il s’agit d’un raton-laveur. Encore cette foutue intuition. Puis je perçois de nombreux liens de même nature, une nature... de drague ? Ou quelque chose comme ça. Je rigole intérieurement. Aurais-je affaire à un Don Juan ? Soudain, mon pouvoir me paraît moins agressif. Ce n’est pas comme avec Charleen, qui souffrait. Lui semble simplement avoir beaucoup de liens, mais de nature assez proches, et qui n’ont rien d’angoissant pour moi. Je souris, dégage une mèche de mes cheveux et en profite pour les attacher en un chignon lâche tandis que je continue de m’approcher pour me mettre face à mon nouveau colocataire.

« Salut ! Je suis Rosa, je viens d’arriver et on m’a affecté au conteneur. J’imagine que je suis au bon endroit ? »
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Re: Joute sentimentale

Message par Sullivan Parker le Ven 3 Nov 2017 - 16:42

Jour de semaine, la routine tranquille, et une pause bienvenue dans son emploi du temps chargé. Parce qu’une chose est sûre, quand on possède un don comme le sien et qu’on est employé dans le secteur de l’artisanat, on n’manque jamais de job. Non ce dont on manque c’est plus du temps, ou pas. Après tout faut jamais trop bousculer un génie, sinon l’inspiration et bien elle vient pas.

Sully a donc quitté un moment son atelier qui ne se trouve qu’à quelques centaines de mètres du container pour venir se reposer un peu. En plus faut bien se nourrir, car sans bouffe, le cerveau il carbure mal, surtout pour un gars de son gabarit. C’est pourquoi, après avoir farfouillé dans les réserves, Sully s’est confectionné ce qui est sa spécialité, un méli-mélo de tout ce qu’il a pu trouver pour s’en faire un big sandwich. Il l’a ensuite dévoré avec appétit, et désormais demeure sur la table basse du salon, les reliefs de son repas, une assiette avec quelques miettes et un flacon à moitié vide et au contenu douteux qu’il s’est procuré auprès d’un autre artisan spécialisé lui dans la restauration mais aussi dans les spiritueux. Comment distiller de l’alcool quand on n’a presque rien, c’est son don à son pote et bref….

A présent Sully digère, les écouteurs sans fil, connectables sur le réseau intracom, dans les oreilles, allongé sur le canapé, les yeux fermés, en train d’écouter sa musique préférée, une relique d’avant, un véritable trésor pour lui l’afficionados d’une musique qu’il doit être le seul à écouter encore et à apprécier. Il marque le rythme de la musique, de mouvements de la tête, et des mains, frappant une batterie invisible. Et comme souvent quand il écoute de la musique, il ne s’est pas connecté au réseau que ce soit via ses écouteurs ou sa montre, non le rock est sacré, on ne l’interrompt pas par des bips inopinés et indésirables ou tous ces messages qu’ils ont le don d’envoyer à tous les connectés.

S’il l’avait fait, il aurait reçu le message le prévenant de l’arrivée d’une nouvelle habitante dans le container. Les autres ont dû le recevoir sauf qu’ils sont sans doute au boulot ou à l’extérieur. Occupés en tout cas. Il est seul et forcément, il n’a pas entendu la porte qui s’ouvrait vu les écouteurs qui diffusent la musique à plein gaz dans sa tête. Il en est au moment préféré de sa chanson, entamant en cœur avec le chanteur du groupe, les paroles qu’il chante à tue-tête. C’est qu’il chante plutôt bien Sully, et il a toujours aimé ça.


- Don't go 'round tonight
It's bound to take your life,
There's a bad moon on the rise !
(Creedence Clearwater Revival : Bad moon rising)

A ce moment il ouvre les yeux, à ce moment seulement il la voit, la nana aux cheveux si blonds qu’on dirait un ange, ou une apparition, ou les deux. Il est si surpris qu’il ouvre de grands yeux ronds, veut se redresser, trop précipitamment et tombe du canapé pour se redresser l’instant d’après tel un ressort, face à la visiteuse.

- Euh désolé ! j’t’ai pas entendue arriver !


Il ne l’a pas plus entendue sonner sur cette sonnerie qu’il a lui-même installée. Le regard va de la porte à la fille qu’il observe plus en détail, la déshabille de la tête au pied. Elle est très jolie, et cette couleur de cheveu lui donne un genre particulier qui n’est pas pour lui déplaire. Le sourire de Sully dans le doute et la surprise jusque là, s’étire brusquement.

- Tu venais voir quelqu’un ? Les autres ne sont pas là. Y’a que moi !


Et vu la façon dont il le dit, c’est une très bonne nouvelle à ses yeux. Sully tire sur la taille de son pantalon pour l’ajuster, se redonner un air un peu potable avec son tee-shirt usé un peu taché vu son job. Le pantalon est celui qu’il porte toujours, en cuir solide, genoux renforcés et ayant vu des jours meilleurs, mais increvable comme toutes ses tenues, enfin sauf le tee-shirt du coup.
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Re: Joute sentimentale

Message par Rosa Aletti le Dim 5 Nov 2017 - 18:44

Dans un premier temps, je ne comprends pas exactement ce qu’il se passe. L’homme en face de moi ne réagit ni à mes mots ni à ma présence. Puis je constate qu’il a les yeux fermés, et qu’il semble entraîné dans un rythme fou, imprégné d’une musique... je constate qu’il porte en effet une paire de ces écouteurs sans fil qui se vendaient sur Terre. Je ne m’attendais pas à en voir ici, inconsciente de l’avancement des technologies et de l’appareillage existant. Peut-être était-ce encore plus avancé que sur Terre, peut-être moins,... Sans doute était-ce simplement sensiblement différent. Il faudra que je m’y fasse, que je m’y habitue, même si l’univers de la technologie n’était pas ma spécialité. Sur Terre, je me tenais vaguement au courant de l’existant, mais tout semblait couler de source, c’était comme un bain dans lequel on m’avait baigné depuis la naissance. Ici, l’eau changeait du tout au tout, et je n’y baignais que depuis quelques jours, dont une bonne partie passés dans le coma. Pas de quoi me mettre à jour sur tout un univers.

Bref, le jeune homme est donc en pleine extase musicale et vit à fond ce qu’il avait dans les oreilles. Je souris. C’est beau. Cela me rappelle les quelques fois où j’ai dansé en musique. Habituellement, seule mon épée mène la danse, mais il m’est arrivé de me laisser guider par la musique, et cela donne quelque chose de complètement inédit.
Soudain, le jeune homme se met à chanter. Je rigole. Ce n’est ni juste ni tout à fait faux, mais c’est plein de passion ; c’est vrai, et cela dépasse la justesse des notes : c’est beau. Le fait qu’il n’ait toujours pas remarqué ma présence m’amuse grandement et j’en profite pour l’observer et prendre peu à peu conscience des liens que je perçois en lui. Il y en a donc de nombreux de même nature, qui le lient à des femmes, des aventures pas tout à fait amoureuses mais pas tout à fait dénuées de sentiments non plus. Il y en a d’autres qui semblent le lier à ce lieu, au conteneur, et à quelques pièces. Intriguée, je me concentre pour tenter de capter le plus d’informations possibles, et je comprends vite de quoi il s’agit. Je souris. Bien, comme je le disais, un vrai Don Juan.
Je le détaille. Il est plutôt beau, il n’est pas possible de le nier. Et l’énergie musicale dans laquelle il est emporté le rend d’autant plus attachant. Le désir se réveille en moi. Comme si c’était le moment. Nymphomane, c’est ainsi que m’avait qualifiée le psychiatre que j’avais consulté une fois à l’entrée de la fac de psychologie -ils vérifiaient que les futurs psychologues n’avaient pas eux-mêmes des failles psychiatriques trop lourdes. Le mot était tombé comme un couperet sur moi. Il mettait sur mon expérience un mot connoté gravement et dont je ne voulais rien entendre. Pourtant j’avais fini par me l’approprier.
Mais... ce soir-là... avait brisé quelque chose en moi, et depuis les pulsions s’étaient calmées. Elles étaient devenues maîtrisables, et, à mes yeux, méprisables.

Toute à mes pensées et à la gestion de ce feu dans mon bas ventre qu’il s’était allumé inopinément -sans doute suite à mes perceptions concernant mon nouveau colocataire-, je ne remarque qu’à peine que ce dernier vient de prendre connaissance assez brutalement de ma présence.

«  Euh désolé ! j’t’ai pas entendue arriver ! »

Soudain un nouveau lien se fait sentir, celui qui le lie désormais à moi, plutôt neutre dans un premier temps, mais je sais qu’il me trouve belle, je ne peux pas passer à côté de ça. Cela me gêne, je déteste qu’on me trouve belle ; et pourtant cela me plaît aussi, c’est un mal qui fait du bien.

« Tu venais voir quelqu’un ? Les autres ne sont pas là. Y’a que moi ! »

Je prends un instant avant de répondre, pendant qu’il reprend contenance. Je continue de le détailler d’un oeil. Tout sur lui indique qu’il travaille pour le secteur de l’artisanat, et que je l’interromps en pleine pause déjeuner, à en croire les vestiges de son repas sur la table basse. Machinalement, je remets une mèche de cheveux derrière l’oreille, dévoilant un peu plus ma cicatrice, et lui réponds :

« Non je ne venais voir personne en particulier, je suis nouvelle, je viens emménager... Je m’appelle Rosa, enchantée. Tu vis ici ? »
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Re: Joute sentimentale

Message par Sullivan Parker le Dim 12 Nov 2017 - 13:01

Et bien non, la charmante demoiselle n’est pas juste une visiteuse, comme ça arrive parfois, surtout avec ces couples dispatchés ! C’est…. Une nouvelle arrivante ?? Sully roule de gros yeux surpris, avant de consulter ses messages sur sa montre. Un petit écran holographique apparait avec le message d’accueil pour les nouveaux. Ok ! bon il peut toujours se rattraper pour lui faire bon accueil n’est-ce pas ?

- Ah ouaiiis ! D’accooord ! Une nouvelle, mais c’est génial ça !
lance Sully avec enthousiasme, avant de lui serrer la pince, pas trop fort, plutôt avec douceur. C’est une dame quand même !

- Enchanté Rosa, moi c’est Sullivan, mais tout le monde m’appelle Sully !

Il regarde autour de lui à la question de la demoiselle et revient à elle tout sourire.

- Ouais exactement ! Désolé j’ai raté le message d’accueil. Intracom nous prévient toujours des nouvelles arrivées. En plus là c’est un coup d’bol que je sois là, petite pause bouffe entre deux boulots.

Il parle peut-être un peu beaucoup. Sully l’observe, la cicatrice sur le visage, la tenue. Difficile de dire depuis quand elle débarque. Elle pourrait très bien être là depuis plusieurs années à voir la cicatrice. Ici ce genre de marque est monnaie courante, vu le monde hostile dans lequel ils vivent. Donc Sully ne s’y est qu’à peine arrêté.

- Tu … tu viens d’arriver ? De l’hôpital ? Ou ça fait déjà un bout que tu es là ? Demande-t-il avant de regarder à nouveau autour de lui. Ca va, c’est pas trop en bordel. Les autres sont moins bordéliques que lui.
Il avise la table et lui propose :


- Tu veux un truc à boire ? Remarque y’a pas grande chose, sauf de l’eau et un peu de sirop vert, me demande pas le parfum, ça doit être des trucs genre herbes aromatiques.

En gros lui ne court pas du tout après ! Il préfère l’alcool artisanat du coin, mais ça il n’ose même pas le proposer à Rosa. C’est qu’il faut avoir l’estomac bien accroché pour le supporter.  Il s’installe après avoir pris un verre qu’il remplit de l’eau tenue fraîche par un système ingénieux de refroidissement.

- Alors raconte-moi ! Ce que tu fais et c’est quoi ton secteur ?
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