Désolé pour hier soir

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Désolé pour hier soir

Message par Atlance Blake le Dim 15 Oct 2017 - 18:33

        Du brouillard, tant de brouillard... si dense qu'on pourrait le découper au couteau. Grognement. Gémissement. Bizarre, je ne me souviens pas avoir bu hier pourtant. Miranda m'aurait-elle traquenardé dans ces afterworks minables pendant lesquels tout le monde parle, personne n'écoute, et où on boit (légèrement) plus que de raison ? Non, impossible, je me serais souvenu d'avoir au moins quitté l'université... 

        Miranda était douce avec Atlance. Entreprenante, même. Elle continuait à l'inviter à des soirées entre collègues, soir après soir. Il refusait, souvent : il n'aimait pas vraiment ça. Mais parfois, lorsque les chiffres dansaient devant ses yeux après des heures à lire les équations de la matière, lorsque la solitude de son minuscule bureau, encombré de feuilles volantes et isolé du reste des autres chercheurs lui pesait, il acceptait, sachant qu'il allait devoir subir les tapes dans le dos, les bières renversées sur sa blouse, et les remarques salaces des autres chercheurs beurrés comme des petits Lu. Il savait qu'il risquait de céder aux avances de Mir'. Et il savait aussi que justement, hier soir, il n'était pas d'humeur. A vrai dire, il était même terriblement excité à l'idée de passer la nuit au bureau : après des mois de stagnation, son travail avançait enfin !

        Bon, bien, en route. Les paupières ne sont pas encore opérationnelles visiblement, il va falloir se débrouiller à l'aveugle... Je suis allongé. D'accord. Au moins je ne suis pas affalé sur mon bureau endormi la joue contre un livre. Matelas moelleux... Draps propres... Ne me dites pas que je suis dans le lit de Mir'...

Laborieusement, une première paupière se soulève, suivie de sa consœur, légèrement en retard. Lumière diffuse, il doit être passé quatorze heures. Great Scott... Il n'était définitivement pas chez lui. Ni à l'université : tout semblait trop propre et bien rangé.


- Mir'... Miranda ?

Sa bouche était sèche, il articulait avec difficulté, et il avait la migraine : sans aucun doute la gueule de bois, mais quelle violence tout de même ! Était-il à l’hôpital après un coma éthylique finalement ? La vision d'une dizaine de lits disposés dans la grande pièce autour de lui accentuait ses soupçons. Il ne portait pas ses habits, pas une tenue d'hôpital. Le doute s'amoindrissait. Des équipements médicaux ? Il allait falloir se faire à l'idée qu'il s'était effectivement salement murgé la veille... Mais comment ? Avec qui ? Ou était-il ?

- Mirandaaaaa... 

Il tourna la tête sur le côté, et aperçut dans le lit voisin ce qui ressemblait à un compagnon d'infortune... Pas spécialement en meilleur état que lui-même. Plus jeune, dirait-on. Ce n'était pas dans ses habitudes d'engager la conversation, mais ses circonvolutions cérébrales encore alertes firent rapidement le calcul : il avait besoin de quelques informations pour rentrer chez lui, savoir ce qu'il s'était passé la veille et surtout récupérer sa blouse pour se remettre au travail. Les mystères de l'univers ne se mettaient pas de cuite, eux. Il tenta d'un ton qui se voulait à l'aise et complice :

- Hey, ahem... Dure soirée hier, hein ?
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Re: Désolé pour hier soir

Message par Invité le Dim 15 Oct 2017 - 20:26

Un Hugo qui dort, est un Hugo très difficile à réveiller. Un Hugo qui se réveille en sursaut, est un Hugo de mauvaise humeur, aussi. Imaginez un peu un Hugo qui se réveille en sursaut, qui a mal quelque part et qui ne se souvient même pas de ce qu'il s'est passé? Avec en prime, un mec à côté, qui lui baragouine quelque chose que le demi-rouquin ne comprend même pas. Quoi? Mais de quoi il parle lui? Pis c'est qui d'abord?

Tant de questions auxquelles Hugo n'avait pas les réponses bien sûr. Du moins, pas tout de suite. Le jeune homme ouvrit un peu plus les yeux. Grimaçant et se frottant le bras. Mince alors, s'était-il cogné quelque part? Il avait comme l'impression de ressentir les effets d'une décharge électrique. Pourtant, rien. Observant les lieux et le garçon non loin qui avait l'air tout aussi paumé que lui d'ailleurs, Hugo sursauta et se jeta presque hors de son lit.

-Hé ! T'es qui toi? Qu'est-ce que tu fiches ici? .. .Euh... Et moi?

Allons bon. Voilà que la tête lui tournait et qu'il avait une furieuse envie de rendre son dîner. Peut-être n'aurait-il pas dû manger ce deuxième hamburger. Bon, bon. Dans l'ordre et tendis qu'il se rasseyait sagement sur son lit de fortune, Hugo essaya de se rappeler ce qui l'avait conduit ici. Le seul problème, c'est qu'il n'en savait vraiment rien. Il se souvenait être sorti avec ses amis, avoir mangé dans un fast-food et puis... Et puis, quoi, après? Et alors, il n'avait pas bu une seule goutte d'alcool, comment pouvait-il oublier ce qui lui était arrivé? A moins qu'il ne se soit cogné la tête. Peut-être que finalement, il était rentré et...

Non. Il y'avait forcément une raison plus logique. Cet endroit ne ressemblait pas à un hôpital. Enfin, pas vraiment. Désireux d'avoir des réponses, le jeune homme se calma et fixa l'autre garçon d'un air inquiet.

-Mais... De quoi tu parles? On se connait?

Pas vraiment, en fait. Ce type ne lui disait vraiment rien et cet endroit non plus. Seulement, il avait l'air d'en savoir plus que lui, référence à la soirée d'hier. Quelle soirée? De quoi parlait-il? S'ébouriffant les cheveux un instant, complètement perdu et assez effrayé, il fallait le dire, Hugo zieuta du coin de l’œil les équipements médicaux de la pièce. Bon alors finalement, ils étaient vraiment à l'hôpital? Tout ceci ne lui disait rien qui vaille. C'était très angoissant même.


Dernière édition par Hugo Hollens le Lun 16 Oct 2017 - 9:11, édité 1 fois
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Re: Désolé pour hier soir

Message par Atlance Blake le Lun 16 Oct 2017 - 1:27

Le garçon se relève en grimaçant, le regarde étrangement. Son regard va d'Atlance au reste de la pièce, et visiblement il n'est pas en meilleur état que lui, étant donné son teint pâle, son rictus de douleur et sa déglutition régulière. L'estomac secoué par la soirée de la veille ? Une théorie en laquelle Atlance croit de moins en moins : l'endroit où ils se trouvent ne ressemble pas vraiment à ce qu'on attendrait d'un hôpital : il y a du matériel, certes, mais le bâtiment n'a rien à voir avec les murs et plafonds aseptisés dont il a l'habitude...

Hé ! T'es qui toi? Qu'est-ce que tu fiches ici? .. .Euh... Et moi?


A ces mots, Atlance se laisse retomber lourdement sur le lit. Tsss... Soit il a bu encore plus que moi, soit il y a plus d'inconnues que prévu dans l'équation... 
Le garçon devait bien avoir vingt ans de moins que lui, pas étonnant qu'il ne lui faisait pas confiance. Il semblait d'ailleurs avoir du mal à garder le contenu de son estomac là où il était censé rester, et prononça avec une certaine difficulté les mots suivants : 

-Mais... De quoi tu parles? On se connait?

Les présentations, il n'allait pas y échapper évidemment ! Autant donner au garçon quelques informations, de toute manière il allait bien falloir qu'il en apprenne un peu plus... Il aurait tout de même bien aimé qu'il le rassure sur leur présence ici, mais ce serait peut-être à lui de s'occuper de cette tâche. Il ne fit pas l'effort de se redresser, fixant le plafond (décidément peu conforme aux normes d'hygiène des hôpitaux islandais auxquels il avait déjà était confronté), et lui répondit :

- Bon, apparemment tu n'en sais pas plus que moi... Eh bien, enchanté, je suis Atlance, Atlance Blake, et par pitié ne me vouvoie pas et ne m'appelle pas "monsieur". Je suis professeur à l'Université de Reykjavik, mais ceci ne ressemble décidément pas à un hôpital islandais. Vu ton français impeccable tu ne dois pas être islandais non plus, donc je commence à me dire que soit les coïncidences s'enchaînent soit j'ai voyagé très loin cette nuit, et vu que tu n'as aucune idée d'où nous sommes il est probable que toi aussi.

Il marqua une pause, satisfait de savoir que ses neurones se connectaient peu à peu : il n'avait pas la gueule de bois. Cela signifiait que l'origine du problème se trouvait ailleurs. Il continua dans son débit de déductions successives : 

- Puisque ceci se veut ressembler à un hôpital, je suggère qu'on appelle quelqu'un qui saura nous fournir des explications. Après ça je pourrai récupérer ma blouse et retourner chez moi. 

Il manquait une information, quelque chose, un détail qui lui échappait... Il se redressa, s'assit sur les bords du lit et se massa les tempes. Relevant la tête, il aperçut le visage du rouquin face au sien, une expression indéchiffrable sur le visage. Ah, oui.


- Ton nom, mon garçon ?
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Re: Désolé pour hier soir

Message par Invité le Lun 16 Oct 2017 - 9:08

Bah voilà autre chose. Mêlant étonnement et panique à ses mots, Hugo haussa bientôt un sourcil intrigué mais, aussi assez dubitatif. Bah voyons. Alors, comme ça lui non plus ne savait rien de ce qu'il se passait? Et puis pourquoi parlait-il d'Hôpital Islandais? De langue française? Hugo était américain. Tout ça, pour lui, c'était du chinois. Non, bien sûr, il connaissait les deux pays cités. Mais il n'y avait jamais été et vu son âge, ça l'aurait beaucoup étonné qu'il ait voyagé en l'espace d'une nuit. A moins qu'on l'est enlevé. Et vu les circonstances, il ne savait pas très bien s'il devait remercier ou frapper son geôlier.

-Professeur? Professeur à Rey... Ray... Rakavik. Hugo poussa un long soupire. Je suis américain et je sais pas de quoi tu me parles...

Finalement, il avait peut-être atterris chez les fous. Tout serait alors expliqué : L'incohérence des propos de l'autre garçon, ce... Atlance. Professeur Islandais? Pourtant, il n'avait pas l'air bien dangereux, ni méchant, ni même perdu dans sa présentation. En fait, Hugo avait guetté cette même lueur de doute qui avait animé son compagnon d'infortune la première fois qu'il avait posé les yeux sur lui, quelques instants avant. Elle semblait s'être envolé désormais, alors qu'il lui racontait sa vie. Non pas que l'idée de connaitre la vie de quelqu'un désenchantait Hugo, loin de là, le garçon était d'ordinaire très sociable et adorait échanger ce genre d'informations avec les autres mais... Les circonstances actuelles étaient peut-être un peu particulière.

-Euh... Hugo. On m'appelle Hugo. Hollens. Et euh... Je suis lycéen. Je crois... Tu es professeur de quoi?

En fait, l'explication se trouvait peut-être  tout simplement ailleurs. Ni maison de fou, ni hallucination collective... L'explication était peut-être bien plus simple et stupide que ça. Mais aussi bien plus effrayante :

-Est-ce que tu crois qu'on nous a fait quelque chose? Je veux dire... Si ça se trouve, on a été payé pour servir de cobaye et euh... Demanda Hugo, mal à l'aise en se frottant les cheveux. Le garçon se rapprocha ensuite doucement d'Atlance, regardant dans tous les coins pour être sûr de ne pas être filmé ou écouté : Et si on se tirait d'ici, maintenant? Appeler du monde ça voudra peut-être dire signer notre arrêt de mort... Ou pire.

Tant qu'ils ne savaient pas qu'ils étaient réveillés, ils avaient l'avantage, non? Qui sait ce qui les attendaient s'ils restaient planté là comme des bananes. De toute façon, Hugo avait pris sa décision : Si ça devenait dangereux, ou qu'il sentait qu'il n'était pas là où il devait être, il prendrait ses jambes à son cou et le plus vite possible !
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Re: Désolé pour hier soir

Message par Atlance Blake le Mar 17 Oct 2017 - 11:00

[HRP : Woups j'avais pas vu que tu étais américain, on va corriger "français" par "anglais" hein ^^]

Le garçon était de toute évidence aussi perdu que lui. Il aurait bien eu un peu pitié de lui, s'il n'était pas aussi préoccupé par la situation : deux individus de pays très éloignés, n'ayant à première vue aucun point commun se retrouvent dans ce qui se veut ressembler à un hôpital, sans aucun souvenir des événements. L'angoisse du garçon - Hugo - était palpable, et même contagieuse. Atlance fit le choix de continuer la conversation pour empêcher l'adolescent de sombrer dans la paranoïa et l'angoisse : ils avaient besoin d'avoir l'esprit clair et rationnel. Pas de théories farfelues sur une organisation mafieuse extraterrestre ou quoi encore...

- Enchanté, Hugo. Je suis professeur-chercheur en physique quantique universelle. Ouais, je sais, c'est compliqué, je t'expliquerai plus tard si tu veux.


Son anglais était presque impeccable, même si l'accent islandais et français (un mélange un peu bâtard dû à sa double nationalité) se faisait parfois entendre. Toujours en parlant à voix basse, il entreprit de se lever sans faire de bruit. La remarque d'Hugo était pertinente : dans le doute, autant ne pas prévenir les propriétaires des lieux qu'ils s'étaient réveillés, on se sait jamais... Toutefois il voulait explorer un peu la pièce, notamment la fenêtre, tant pour la vue qu'elle offrait que pour l'issue de secours qu'elle représentait... 

- C'est sympa les Etats-Unis. J'y suis allé un peu pour des conférences, ce genre de choses. Tu viens de quel Etat ? Tu as déjà voyagé en dehors du continent ?

Parce qu'il y a de grandes chances que ce soit actuellement le cas gamin... Y a pas un paquet de clopes quelque part ? Fichus hostos...

Poussant sur ses deux bras, il regretta aussitôt cette décision : sa vision se brouilla à cause de l'afflux sanguin, ses jambes se dérobèrent et il s'effondra misérablement sur le parquet. Bordel... Se relever fut plus difficile que prévu, il avait visiblement de grosses baisses de tension. S'aidant du lit, il se redressa, attrapa une béquille qui traînait là et claudiqua jusqu'aux rideaux de toile colorée, qu'il écarta d'un coup sec, manquant d'arracher la tringle. Un flot de lumière envahit subitement la pièce, avec plus de violence qu'il l'avait supposé pour un début d'hiver. Mais après tout, s'ils avaient changé d'endroit tous les deux, ce n'était peut-être plus la même saison, ces histoires d'hémisphères, tout ça... 
Se laissant un peu de temps pour s'habituer à la lumière, il crut entendre la voix de Hugo dire quelque chose. Il rouvrit les yeux et...

Helvìtis...

Deux soleils. 
Oui, la vue était saisissante : la nature luxuriante à perte de vue qui venait s'écraser contre les murailles entourant la ville en pleine activité, faite de bric et de broc... Et les deux soleils. Pas la même planète.
Il se retourna pour guetter la réaction d'Hugo.
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Re: Désolé pour hier soir

Message par Invité le Sam 21 Oct 2017 - 3:27

HRP:
Blblbl ♥️ Excuse moi pour le retard, j'étais tombé malade, alors du coup... XD Si je comprends bien, tu voudrais éditer nos deux post précédant pour changer le détails du anglais/français,
c'est ça? o/

-Euh... Non, pas vraiment. On ne voyage pas beaucoup à la maison... Expliqua le garçon en se frottant le bras. Je viens de Brookline... Euh, le Brook' du Massachusetts.

Pas du tout, même. Pour Hugo, il était quasiment certain qu'ils étaient encore en Amérique. Comment aurait-il pu passer la frontière, lui, un gamin de seize ans sans ses parents et sans autorisation parentale? Il doutait fortement que ces derniers aient fait en sorte qu'il quitte le pays. Ce serait trop bizarre. Déjà qu'ils ne levaient pas le petit doigt pour lui signer ses sorties scolaires... D'accord. Le fait d'imaginer être loin d'eux était en quelque chose un soulagement immense pour le garçon. Lui qui en avait tant rêvé, toute sa vie ! Néanmoins, si c'était pour être en danger, il ne voyait pas vraiment l'intérêt. Et ici, il ne connaissait rien et ne savait même pas pourquoi il était là.

Avec ce type, là. Ce professeur. Non qu'il avait l'air méchant ou fou, mais comment dire... C'était un peu bizarre. S'il n'était pas coupable dans son enlèvement, il avait l'air bien trop calme pour la situation. Enfin, disons, plus calme que le gamin qui lui, était au bord de l'explosion. Le premier qui passait cette porte allait sûrement se prendre une chaise sur la tête... Ou un truc plus léger. Mais qui fait mal, quand même. Histoire de ralentir alors qu'ils s'en iraient très très vite dans la direction opposée !

On se calme, Hugo.
Le prof avait vu quelque chose.

-Helvi... Quoi?

Soupirant devant l'air un peu désemparé de son nouvel ami -parce que oui, dans une situation comme celle là, il valait mieux voir des alliés que des ennemis selon Hugo-, le garçon se rapprocha et poussa un hoquet de surprise avant d'éclater de rire. Un rire... Sans doute un peu nerveux, ou un peu effrayé aussi. Ca dépendant dans quelle direction son cerveau voulait penser la chose : Caméra caché ou réalité?

-Ok, alors ça... Ça c'est très drôle. Non sérieusement, l'espace de quelques minutes, j'ai bien cru qu'on m'avait vraiment enlevé. En fait, toi, t'es pas vraiment professeur, pas vrai? Aller ! Elles sont où les caméra... Dit-il en reculant lentement dans la pièce, manquant de tomber alors qu'il se prenait les pieds dans le lit de son voisin de chambre.
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Re: Désolé pour hier soir

Message par Atlance Blake le Jeu 26 Oct 2017 - 19:53

.
HRP:
Non, honnêtement on peut juste faire abstraction, t'inquiète pas, c'était pour la forme ^^

- Helvi... Quoi?

- Un vieux juron islandais adapté aux situations catastrophiques... Peu importe. Regarde, et cramponne-toi.

        Le temps qu'Atlance termine sa phrase, le jeunot était déjà bouche bée devant la fenêtre. Les deux soleils se reflétaient dans ses pupilles, tandis que leur lumière continuait d'inonder la pièce.

- Ok, alors ça... Ça c'est très drôle. Non sérieusement, l'espace de quelques minutes, j'ai bien cru qu'on m'avait vraiment enlevé. En fait, toi, t'es pas vraiment professeur, pas vrai? Aller ! Elles sont où les caméra...

       Evidemment. Il était d'ailleurs étonné que lui-même ne soit pas resté pantois devant une telle scène, l'ait acceptée si vite. Peut-être parce qu'au fond, il espérait encore que le garçon aurait une explication, que c'était effectivement une caméra cachée, aussi improbable que cela puisse paraître. Il était après tout entièrement plausible que ce ne soit pas une fenêtre, mais un écran sur lequel seraient diffusée des images de synthèse très, très bien réalisées. Mais il était assez peu commun de se faire kidnapper pour participer à ce genre de téléréalité, surtout à l'autre bout du monde... Oui, il avait cru que ce ne serait qu'une petite énigme de plus à résoudre, qu'à force de réflexion la solution lui apparaîtrait et ce rêve étrange prendrait fin. Mais il n'arrivait plus à s'en convaincre lui-même.
Malgré tout, il restait étrangement serein. Peut-être parce que lui, contrairement à Hugo, n'avait rien ni personne à perdre, et il ne manquerait pas longtemps à qui que ce soit. A dire vrai, au fur et à mesure qu'il réalisait la situation, il était de plus en plus excité... Ce qui ne semblait pas être le cas du garçon.

- Mon garçon, j'adorerais te dire que ceci n'est qu'une vaste blague - et il subsiste un vague espoir que c'en soit une, mais j'en doute sincèrement. Nous sommes visiblement sur une autre planète. Une autre planète ! Il n'en revenait pas de dire ça. Je comprends que tu aies envie de retourner au plus vite chez toi, mais on ne peut pas foncer tête baissée. Nous ne savons même pas si l'air est respirable en dehors de cette pièce. Il nous faut beaucoup, beaucoup d'informations avant de faire une bêtise, tu comprends ?

      Ressentant l'angoisse du garçon monter de manière inquiétante, les mots s'échappèrent de sa bouche :
- Je te promets que tout va très vite s'arranger, et que je laisserai personne te faire de mal.

       Atlance, on en a déjà discuté, pas d'élan paternel avec les inconnus, ça ne te ressemble pas, et honnêtement ça risque de compliquer tes affaires... indiqua une petite voix dans sa tête. Ta gueule, je sais ce que je fais, se répondit-il. Tu en es sûr ? Mettant fin à ce dialogue interne de son mieux, Atlance continuait de regarder le garçon, se demandant s'il devait lui montrer un geste d'affection, lui ébouriffer les cheveux ou ce genre de chose qu'on voit dans les films.
Dans le même temps, il réfléchissait. L'air dehors devait être respirable d'une manière ou d'une autre : il avait vu des gens - des humains, il aurait pu en jurer ! - se promener dans les rues. Et si on avait voulu faire d'eux des prisonniers, il y aurait des caméras, et ils seraient probablement menottés - ou déjà encerclés par des gardes. La porte au fond n'avait pas l'air bien solide, de plus. Il mourrait d'envie d'appeler quelqu'un pour en apprendre infiniment plus...

La voix de Hugo le rappela à l'ordre.
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Re: Désolé pour hier soir

Message par Invité le Mer 1 Nov 2017 - 5:51

Le professeur Atlance semblait bien trop calme pour le jeune homme qui lui, se sentait un peu plus paniqué qu'il n'avait bien voulu le montrer plus tôt. Lui qui avait montré de l'assurance en se réveillant, cherchant à se protéger sans doute de quelque chose, d'un danger potentiel. Mais Atlance Blake n'était pas le danger. Au contraire, le chercheur semblait préférer rassurer Hugo plutôt que lui faire du mal. Ce qui était une bonne nouvelle pour le garçon qui venait de réaliser qu'il était peut-être tombé sur la tête... Oui, ça ne pouvait être que la seule explication pour l'environnement dans lequel ils s'étaient réveillés. Peut-être même qu'Atlance Blake n'existait même pas et qu'il était le pur fruit de son imagination... Ben voyons, depuis quand un adulte voulait prendre soin de lui?

Pourtant, l'assurance du professeur décontracta Hugo qui finit par se stabiliser et se frotter le bras, un peu gêné par sa réaction. Baissant la tête, il se mordit la lèvre inférieure, cherchant un point de repère sur le sol. Même si c'était son imagination, au moins, c'était rassurant et ça faisait du bien de se reposer un peu sur quelqu'un, faire confiance. Peut-être qu'Hugo le regretterait, plus tard, mais pour le moment ça lui semblait être un bon compromis. Le garçon avait retrouvé son calme quand une main se posa sur son épaule.
Hugo n'avait pas entendu la porte s'ouvrir ni les pas du médecin arriver derrière lui. Atlance non plus manifestement, puisqu'il réagit uniquement lorsque le jeune homme poussa un cri -très très viril...- et couru finalement se cacher derrière le professeur Atlance.

-Du calme ! Je ne voulais pas t'effrayer. S'exclama le grand homme barbu en levant les mains, surpris.  J'ai entendu que vous étiez réveillés, je suis venu voir si tout allait bien.
-Vous êtes qui, vous? Vous voulez quoi? Qu'est-ce qu'on fiche ici? S'écria Hugo légèrement tendu, de nouveau.
-Je suis médecin ici. Bienvenue dans la cité ! Je sais, je sais, le réveil est un peu dur... Mais vous finirez par vous y faire...

L'homme qui se prétendait médecin s'approcha des deux garçons dans l'espoir de les examiner. Prenant doucement le poignet du professeur Atlance, il pris son pouls, observa ses yeux tout en jetant des regards un peu inquiet au garçon toujours caché derrière lui : Quelque chose lui disait qu'il allait avoir du mal à le toucher celui-ci.

Spoiler:
Bon, hésites pas à me dire si tu veux que je change quelque chose, surtout ! Tu as mon discord, tu sais où me contacter en cas de besoin, sinon MP moi /o/
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Re: Désolé pour hier soir

Message par Atlance Blake le Mer 1 Nov 2017 - 18:58

Comment diable cet homme avait pu rentrer si vie et sans faire de bruit ?? Ce n'est que grâce au cri (un peu aigu) de Hugo qu'Atlance se rendit compte de la présence du... médecin ? Scientifique ? Garde ? La blouse blanche trahissait une appartenance au domaine de la science, plus qu'à savoir si Hugo et lui étaient des patients ou des cobayes...
Il y avait quelque chose de rassurant dans le fait de se retrouver face à un autre être humain. Non pas qu'Atlance ne soit pas méfiant : il écouta attentivement les mots du nouvel arrivant pour en tirer un maximum d'informations, mais sa tête bourdonnait. Ils finiraient par s'y faire ? Ils n'étaient donc pas les premiers ? Hugo était caché derrière lui, et semblait un peu vindicatif, comme un animal apeuré qui tente de montrer les crocs pour faire s'éloigner le plus vite possible la menace en face de lui. Ce sera donc à Atlance de jouer le rôle d'interface sociale.

Le médecin fit un geste vers lui. Il eût un bref mouvement de recul, puis se laissa faire : il ne semblait pas porter d'armes, ou être agressif. En fait, si on négligeait son entrée très discrète et la brutalité de l'annonce de la nouvelle, il dégageait une aura assez bienveillante. Il lui prit le pouls, et ce fut à ce moment là qu'Atlance la remarqua. La cicatrice à son poignet. Il était certain de ne pas en avoir avant. C'était très récent, et d'une propreté presque irréprochable : sans aucun doute, et les avait opérés ici et dans la semaine. Mais pourquoi ?

Examen des yeux, des dents, des réflexes : Atlance se laissa examiner sans faire d'histoire, et ce fut au bout d'un silence assez pesant qu'il osa enfin demander :

- Dites, je ne voudrais pas être contrariant, mais... On pourrait avoir une explication ? On ne doit pas être les premiers, pas vrai ?

- Oh, non, effectivement ! Vous avez subit ce que nous appelons "le transfert". Nous sommes à des années-lumières de la Terre, dans une ville qui... eh bien, n'a pas de nom. Cela fait quelques jours que vous deux êtes dans le coma, et nous en avons profité pour vous implanter un module de communication à distance dans le poignet. Tous vos effets personnels sont bien arrivés avec vous, ne vous en faites pas. Dès que vous vous sentirez en forme, vous pourrez sortir découvrir la cité. Une fonction et un logement vous seront attribués. En attendant, si vous souhaitez en apprendre plus, le Compendium est à votre disposition.

L'once de sympathie qu'Atlance avait pour le médecin s'était envolée dès le moment où il avait commencé à réciter son texte sans se préoccuper réellement de leur état. Quel genre de médecin était-ce là, pour laisser un enfant en état de choc et lui annoncer sans broncher qu'il était à des années-lumières de chez lui ? Il sentait la rage monter tandis que le maraud lui prenait sa tension - qu'il avait du trouver un brin élevée. Il se retint de lui répondre de manière cinglante, et articula difficilement :

- Cela fait beaucoup à encaisser. Donnez-nous ce Compendium, et je vous prierai de me rendre - de NOUS rendre nos effets personnels. Je me sens suffisamment en forme pour explorer les environs.

C'était faux. Il se sentait encore faible et peinait encore à effectuer des actions cognitives de base. Mais il ne voulait pas rester trop longtemps dans cet hôpital. Plusieurs jours qu'il dormait déjà, pas question de perdre davantage de temps !

... Perdre du temps sur quoi ? La question le heurta soudainement. Il n'avait plus rien. Ce constat avait mis du temps à s'ancrer en lui. Plus d'université. Plus de Reykjavik. Plus de collègues, de bureau, de recherche, de bibliothèque, ... Son travail s'était envolé - enfin, non, lui s'était envolé et avait laissé son travail en plan - et allait sûrement moisir sur son bureau laissé vide avant d'être jeté à la poubelle quand un nouveau professeur prendrait sa place. Il se fichait bien d'être remplacé, mais ses recherches ! Il était sur une piste probante, enfin !! Il serra la mâchoire et se retint de pousser un cri digne d'un Dovahkiin ou de casser quelque chose, manquant de défaillir. Il fallait qu'il sorte au plus vite, l'inactivité allait le tuer.

Reprenant ses esprits, il grogna à Hugo :
- Tu te sens prêt à sortir, mon garçon ?

Ce à quoi le médecin répondit :
- Navré messieurs, mais c'est à moi d'en décider. Je ne peux vous laisser sortir si vous n'êtes pas totalement rétabli. Vous, Monsieur Blake, devriez encore prendre une journée de repos. Quant à toi mon garçon, il faut encore que je t'examine.

Spoiler:
Ca me va très bien, mais pareil, n'hésite pas à me contacter pour discuter de la direction à prendre, etc. :)
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Re: Désolé pour hier soir

Message par Invité le Mer 1 Nov 2017 - 22:45

A mesure des explications, la mine d'Hugo semblait se décomposer lentement. Ah oui, quand même. Des années-lumières. Hugo était partagé entre crier de joie d'être loin de sa famille où pleurer de frustration de ne pas avoir eu le choix. Un transfert, hein? Pas moyen de faire demi-tour du coup? Et alors cette ville n'avait pas de nom? "La cité" demeurerait "la cité" dans ce cas... Pour le moment. Jusqu'à ce que le gamin en décide autrement. Hugo pouvait se montrer aussi gentil que têtu quand il le voulait.
Il regarda son poignet avec une grimace : Voilà la raison de sa douleur au réveil. La micro-cicatrice qu'il avait témoignait de la présence du petit traceur qu'on lui avait implanté. Pour Hugo, ça ne pouvait pas seulement être un module de communication. Il y avait clairement anguille sous roche !

-Ouais, une puce, un traceur, un truc pour nous suivre à distance, surtout... Renchérit le garçon en roulant des yeux et en cherchant à toucher la petite carte électronique au creux de ses veines.

Ah oui et ils décidaient ça comme ça, seulement quelques jours de comas et voilà qu'on leur attribuait un logement, un boulot comme s'ils avaient toujours vécu ici? Et après, ça parlait de transfert aléatoire et non préméditer. Tu parles. Hugo qui commençait doucement à réaliser qu'il n'était plus sur Terre, ou du moins plus dans la même dimension, commença aussi doucement à se dire que tout ça n'était pas vraiment du hasard. N'importe quoi, franchement ! Alors qu'est-ce qu'ils avaient de si spéciale pour en arriver là?

-Le Compen...quoi? Ouais, en fait je m'en fous... J'ai hâte de sortir d'ici.

Hugo n'avait clairement pas l'intention de rester ici et d'en apprendre plus. Connaître ce pays n'était pas sa priorité puisqu'il avait l'intention de s'en aller bientôt. Maintenant même, il n'avait clairement pas confiance en ce médecin bizarre qui ne connaissait même pas le nom de sa fichue cité. L'angoisse était présente bien sûr, parce qu'il agissait en présence d'un inconnu, dans un endroit inconnu. Atlance était gentil et Hugo voulait lui faire confiance, il n'avait pas vraiment le choix de toute façon. Sa présence quant à mettre le nez dehors était bien plus rassurante que de partir seul. Si Atlance lui promettait protection, Hugo en ferait autant. Pas question de s'en aller sans lui désormais.

-Quoi? Alors là, sûrement pas ! S'exclama le garçon après que le médecin ait déclaré vouloir l'examiner.

Échappant à ses mains, Hugo se décala sur le côté pour éviter qu'il ne l'attrape. Heureusement, ou malheureuse comme on voudra, le garçon était habitué à esquiver les coups, à se déplacer avec une certaine agilité. Sans pour autant être un maître dans la matière, il se débrouillait plutôt bien face à un médecin avec moins d'habitudes physiques. Pas question qu'il vienne poser ses mains froides sur lui, qu'il lui ouvre la bouche et qu'il lui tape les genoux avec son truc en fer. Tiens, court donc mon vieux, aujourd'hui, test d'endurance !

-Professeur Atlance, viens ! S'exclama à nouveau le garçon en lui attrapant le bras, lui montrant la sortie alors que le médecin avait du mal à reprendre son souffle en ayant couru dans toute la pièce pour attraper le garçon.
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Re: Désolé pour hier soir

Message par Atlance Blake le Lun 6 Nov 2017 - 13:46

Le manège amusait Atlance : voir la masse imposante du médecin tenter de saisir le garçon qui se mouvait avec agilité dans la pièce était, il faut l'avouer, très amusant malgré les circonstances. Il s'épuisait à vue d'oeil tandis que Hugo continuait de lui filer entre les pattes. Soudain il lui lança un regard, ce genre de regard à travers lequel on sent l'urgence de la situation, auquel on ne peut pas dire non. Le genre de regard qui est généralement suivi  d'un saut dans l'inconnu - et d'une série de péripéties qu'on regrette souvent. En lui désignant la sortie, il lui lança :

- Professeur Atlance, viens !

Il prit une rapide inspiration, comme pour s'apprêter à une apnée - et après tout, c'est ce qu'il faisait : plonger dans l'inconnu ! - et s'élança vers la porte par laquelle le médecin était entré, entraîné par Hugo qui le saisissait au bras.

Il fit un rapide calcul. De ce qu'il avait vu de la fenêtre, ils étaient au premier étage. Aucune indication sur la direction de la sortie cependant. En examinant les couloirs, il se rendit compte qu'ils avaient foncé un peu vite : cet hôpital ne ressemblait pas à ce qui était fait sur Terre au 21ème siècle, et au lieu des murs et couloirs aseptisés, ils couraient de salle en salle, de chambre en chambre, ouvrant des portes qui donnaient sur des pièces de repos, des bureaux vides, ... dans une architecture qui n'avait pas l'air d'avoir été réfléchie pour un expert. Tout semblait très artisanal. Et évidemment, les sorties n'étaient pas indiquées. En ouvrant une des portes, ils tombèrent sur une infirmière qui poussa un cri en les voyant débouler dans la salle qu'elle occupait - oups. Ils trouvèrent finalement l'escalier, et en arrivant au rez-de chaussée, une pensée frappa Atlance. Ma blouse ! Mes livres ! Hors de question de partir sans. Et de toute manière, aucun moyen de passer inaperçu dans ces habits si on sort. Tout d'un coup, une cloche retentit dans tout le bâtiment : certainement une alarme ! Evidemment, on ne laisse pas un patient s'enfuir comme ça, à quoi s'attendaient-ils ? Il aimait de moins en moins ce plan, qu'allaient-ils faire ensuite ?
Aucun moyen de savoir si c'était lui ou Hugo qui les guidait, mais ils avançaient un peu au hasard entre les couloirs. Soudain, un croisement. A gauche, la sortie. A droite, d'autres couloirs. Derrière eux, quatre infirmiers s'étaient lancés à leurs trousses. Hugo s'élança vers la gauche, tirant toujours Atlance par la manche. Non ! Le stoppant net, il souffla :

- Tes vêtements, bougre d'imbécile ! Tu crois vraiment qu'on pourra sortir comme ça ? Tout l'hôpital sait qu'on s'enfuit, pas besoin d'aider les habitants de la cité à nous identifier non plus !

Les infirmiers se rapprochaient. Les portes n'allaient pas tarder à être verrouillées. C'était risqué. Vite, une idée...

- Fonce vers la sortie, planque toi dans un buisson, n'importe ou, mais reste très discret. Je vais récupérer nos affaires. Essaie d'en apprendre le plus possible si tu peux. File !

Il le poussa vers la porte, tandis qu'il prit le couloir de droite. Les infirmiers étaient sur leurs talons, toujours. Il n'avait pas le loisir de se retourner pour vérifier si Hugo s'en sortait. Le bougre pouvait même l'avoir suivi qu'il n'en saurait rien.
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