Centre de Recherche

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Centre de Recherche

Message par Maître du Jeu le Mar 12 Avr 2016 - 12:23

Ce bâtiment est principalement utilisé par les membres du secteur de la Recherche. Peu haut mais très vaste, il est entièrement constitué de bois et de métal. Chaque fenêtre arbore son lot de barreaux, pour empêcher les curieux d'entrer. Car de lourds secrets comme de grands dangers se cachent au sein de ce bâtiment. Tout un tas de matériel, de créatures ou plantes rapporté des rares expéditions.
Les laboratoires sont aménagés au mieux, malgré le manque de ressources et d'une technologies de pointe suffisamment développée. Les salles sont plus ou moins spécialisées en fonction des différentes équipes, d'autres sont des espaces communs d'échange, de réflexion, d'autres encore d'expérimentation.
L'ambiance est agréable malgré le sérieux de certains projets et les difficultés rencontrées.
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Re: Centre de Recherche

Message par Velhelm Peikko le Dim 23 Avr 2017 - 14:50

[Début du RP, par ICI]

Velhelm avait éclaté de rire. Ça avait été libérateur et il avait des difficultés à s'arrêter. Voir l'expression sur le visage de Charleeen. En fait, elle n'était qu'une chasseuse avec une grande faim de viande fraîche ! Le rire avait duré un temps puis Velhelm, une fois capable de formuler une phrase en entière lui avait proposé de la suivre.

[…]

Le Centre de Recherche. Le lieu où il travaillait lorsqu'il avait les ressources obligatoires.

Il traversa les quelques pièces et couloirs sans rencontrer beaucoup de monde. La plupart travaillait d'arrache-pied, le souffle chaud de la bête dans le coup, future créature qui attaquerait et mettrait à mal les défenses de la Cité.

Ce ne fut pas un problème pour faire entrer Charleen. En fait, ce fut l'opposé. C'était la première fois que Velhelm ramenait une femme dans son bureau/cuisine/salle d'expérimentation. Il y avait eu des sourires et des expressions sous-entendu.

Le chercheur s'arrêta finalement devant une porte banale faite de bois.

« Voilà. On y est. C'est là où je travaille. »

Il n'y avait aucun nom gravé sur le bois. Pas de signes distinctifs qui indiquaient ce qui se trouvait derrière la porte. La main tourna la poignée sans passer par une quelconque serrure à ouvrir.

« A toi l'honneur. »

indiqua-t-il d'un geste de main. Velhelm la suivit et referma la porte derrière eux.

La pièce était assez exiguë. Les ressources étant une denrée rare sur ce monde, Velhelm avait fait avec. Comme il l'expliqua à Charleen, il y avait sur la gauche un meuble dans lequel était stocké des livres, des brouillons et des notes. Certaines provenaient de Velhelm. D'autres de chercheurs qui avaient précédemment travaillé dans cette pièce.

Sur le côté droit se trouvait une table poussée contre le mur. C'était une simple table de bois marron à l'origine. Mais les divers fluides et hémoglobine provenant des expériences culinaires du Chercheur avait commencé à colorer la table de drôles de tâches...

« Il faudra que je trouve une deuxième chaise. Pour toi. »

Enfin, il y avait l'endroit le plus important. La partie centrale de la pièce. Au centre, une deuxième table. Mais celle-ci était de fer et il y avait quelques modifications grossières qui lui avait été apporté. Notamment un outillage qui permettait au Chercheur de ranger facilement ses différents couteaux de cuisine et autres instruments qui permettaient d'étirer les chairs, de découper les os et autres raffinements du boucher qu'il était devenu.

(Et il y avait eu autre chose que des hommes qui étaient passés sous la victime de ses instruments d'horreur...)

*Faites que Charleen ne voit jamais ce passager sombre qui est en moi... S'il vous plaît... *

Dans le fond se trouvait une cuisine faite de bric et de broc. Ce n'était pas du cinq étoiles mais ça permettait d'utiliser le feu sans provoquer un incendie dans le Centre de Recherche.

« Bon. Que dirais-tu de goûter à ton premier steak de Pamulien ? »
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Re: Centre de Recherche

Message par Charleen Imbach le Ven 5 Mai 2017 - 23:21

Devant mon caprice, Velhelm avait rit. Puis il s’était levé pour me conduire dans son antre. Je le suivis, tout sourire, ravie de l’avoir déridé. J’avais l’impression de lui avoir fait oublier ses problèmes comme il m’avait fait oublier les miens. Enfin, je les sentais encore en moi, mais j’arrivais à les tenir à distance avec ce tout nouvel objectif.
Nous traversâmes la rivière puis contournâmes l’hôpital. Le trajet fut plus long que ce j’imaginais et mon rythme, au début énergique, faiblit assez rapidement. Je faisais pourtant le chemin cabane-hôpital deux à trois fois par jour, mais je ne m’étais pas vraiment habituée au dénivelé qu’imposait l’emplacement de la cité. Si je comprenais l’intérêt stratégique de s’installer en hauteur pour voir arriver les ennemis d’en bas, je n’en démordais pas sur le fait qu’au quotidien, ça n’avait rien de pratique. Et puis, au final, cela n’empêchait pas les attaques. Je tentai néanmoins de faire bonne figure et de suivre l’allure de Velhelm et ses grandes jambes dignes d’un marathonien. Autant dire que ce n’était pas une mince affaire.

Le centre de recherche s’avéra être l’un des bâtiments les plus à l’est. Je ne m’étais jamais rendue dans cette partie de la ville, j’observais donc les alentours avec curiosité. C’était bien différent de mon quartier. Les logements semblaient plus conviviaux. Délabrés, bien sûr, mais ils avaient plus l’air de vraies maisons que la cabane qui me servait de toit.
Le centre de recherche était à l’image de la ville : fait de bric et de broc. Je suivis Velhelm travers les couloirs. J’observais furtivement, à chaque fois que nous croisions une porte entre ouverte. Tout ici me paraissait mystérieux et inconnu. Cela ne ressemblait en rien aux laboratoires que j’avais pu voir dans les films. Pas de surfaces immaculées, d’ordinateurs et de machines derniers cri. Cela ressemblait plus à un atelier de savant fou. J’espèrerais cependant ne pas avoir à faire au Dr Jekyll ou au célèbre créateur de Frankenstein.

Le bureau de Velhelm était une petite pièce assez sommaire. Il me fit faire une courte visite en me montrant les différents rangements, la fonction des tables et quelques instruments qui s’avérèrent être essentiellement de gros, très gros, couteaux de boucher. Tout au fond, une petite cuisine. C’est la partie de la pièce qui me sembla la plus normale et familière.
J’étais en train de m’imprégner de ce lieu étrange lorsque Velhelm me proposa le morceau de viande tant espéré.
- Va pour le steak de pamu … lien ?, répondis-je avec enthousiasme quoiqu’en me demandant de quoi il pouvait bien s’agir comme créature. Qu’est-ce que c’est comme bête ? ça fait quoi quand on manque la viande ? Tu as dit que ta cuisine était magique. Tu as déjà testé le panulien ?
Je m’approchai de la cuisine avec intérêt, curieuse de voir Velhelm aux fourneaux. Je me demandais comment sa magie se manifestait. Etait-ce quelque chose d’invisible, ou lançait-il des ondes magiques pour que son dont opère ?
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Re: Centre de Recherche

Message par Velhelm Peikko le Dim 7 Mai 2017 - 15:52

Velhelm sourit. C'était un déluge de questions qui l'assaillait.

« De pamulien avec un m. Pas avec un n. »

Il contourna la table et se retrouva au côté de Charleen.

« Je préfère ne pas te spoiler. De cette façon, tu apprécieras plus les effets de ma cuisine magique. »

Il laissa Charleen dans son « bureau », lui ayant fait un signe de ne pas bouger en attendant son retour. Il n'en avait pas pour longtemps à aller tailler un morceau de...

*Et merde. *

Ça ne faisait pas dix secondes qu'il avait passé la porte qu'il revenait déjà.

« Euh, fait comme si tu n'avais rien vu. Merci. »

Velhelm se dirigea vers le présentoir où se trouvait les différents couteaux quand...

*Re-merde. *

Jamais le Chercheur ne sortait sans son couteau fétiche. Dans ce monde où le danger pouvait se trouver à chaque coin de rue, mieux valait sortir armé. Et ce dernier se trouvait dans son fourreau, attaché à sa ceinture.

« Hum. Je reviens. »

C'était embarrassant comme situation. Ça manquait de professionnalisme. Velhelm espérait que Charleen serait toujours là quand il reviendrait. A partir de maintenant, mieux valait respirer un coup avant d'entreprendre quoi que ce soit. Il devait se réhabituer à travailler avec quelqu'un de vivant. Mieux, il devait le faire en compagnie d'une femme.

*Pourquoi est-ce qu'il semble toujours y avoir des intentions secrètes dans ce type de relation. Pff... C'est épuisant. *

Il n'avait pas fallu deux minutes au Chercheur pour revenir avec une belle de tranche de viande qui devait peser dans les 150g.

Le feu allumé, le Chercheur posa la poêle à griller dessus. Il attendait un instant qu'elle prenne la chaleur puis jeta le steak dedans. La viande crépitait. De bonnes saveurs commençait à envahir la petite pièce.

(Le ventre de Velhelm gémit. Lui aussi avait faim...)

Il retourna ensuite la viande et laissa cuire le même temps l'autre côté. Rapidement, il alla chercher une assiette et laissa glisser le steak dedans.

« Et voilà. Je suis désolé, j'ai oublier de te demander ce que tu aimais comme cuisson. Je l'ai cuit à point, j'espère que tu l'aimeras quand même. Bonne appétit ! »

Oui, il n'y avait aucun sortilège de lancer. Pas de graffitis dans le fond de la poêle à griller qui aurait pu expliquer comment la magie avait investi la viande de Pamulien. Du point de vue de Charleen, aucun indice permettait de dire que Velhelm avait ensorcelé le steak. C'était... décevant.
Pour lancer le dé:
Lance 1D100. Ajoute 25 au résultat que tu trouveras. Un bonus du au fait que tu manges la viande chaude ;)
Pour savoir combien de temps durera ton clone > Par ici
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Re: Centre de Recherche

Message par Charleen Imbach le Sam 13 Mai 2017 - 21:53

Lorsqu’il commença à s’affairer, Velhelm me parut tout à coup particulièrement mal à l’aise. Je soupçonnai d’en être la responsable. De ce que j’avais compris, il travaillait seul et ce ne devait pas être facile, tout à coup, de se sentir observer. Dans l’espoir de le détendre, je lui lançai un sourire encourageant avant de m’intéresser aux notes posées non loin de moi. Il y avait le croquis d’un animal qui me sembla être un félin sur une branche. De nombreuses flèches venaient enrichir ce dessin. L’une d’elles menait à une grosse écaille collée sur le papier, une autre à un numéro. Des schémas plus précis de l’anatomie de la créature me firent grimacer. Je n’avais jamais trouvé cela très ragoutant ce qu’il y avait dedans. Mais je supposais qu’avec mon engagement, j’allais devoir mettre mes états d’âme de côté. Je poussais une feuille pour pouvoir lire le titre : Pamulien. C’était donc cela, que j’allais manger ?! Je n’eus pas le temps de lire le dossier plus en détail cas déjà Velhelm était de retour. Au bout d’une fourchette pendait un superbe morceau de viande qui ne demandait qu’à frétiller dans une poile.

Tandis que Velhelm allumait le feu, j’attrapai un calepin et un stylo. Il ne me manquait que des lunettes sur le bout du nez pour avoir l’air une parfaite secrétaire.
J’observais tous les mouvements de Velhelm avec attention. Je ne savais pas trop ce que j’étais sensé noter, ce qui aurait de l’importance ou non. Dans le doute, j’écrivais un maximum de choses : l’intensité du feu, le temps de cuisson sur chaque face. J’essayais même de décrire les senteurs qui se rependaient dans la pièce, sans grand succès. Comment décrire ce genre de chose ? C’était à la fois semblable aux souvenirs que j’avais sur terre et en même temps parfaitement différent.
Finalement, le steak atterrit dans une assiette.
- Et voilà. Je suis désolé, j'ai oublié de te demander ce que tu aimais comme cuisson. Je l'ai cuit à point, j'espère que tu l'aimeras quand même. Bonne appétit !
Je regardai le steak d’un air dubitatif. « Mais c’est tout ?! », avais-je envie de dire. Cela paraissait si simple, moi aussi je pourrais en faire de même, ça n’était pas de la magie.
- C’est très bien, répondis-je simplement en essayant de dissimuler ma déception. Merci.

Velhelm semblait attendre que je me serve en première. J’attrapai donc une fourchette ainsi qu’un de ses couteaux aux lames aiguisées. En deux temps trois mouvements, je portais un morceau suintant à la bouche. La viande était encore juteuse et les saveurs se rependirent dans ma bouche. C’était … Indescriptible.
- Mmmmmh, laissais-je échapper, la bouche pleine.
C’était mile fois meilleur que tout ce que j’avais pu manger ici. Le gout était plus fort que les viandes que j’avais pu gouter sur terre, sans que je puisse le décrire clairement. Il y avait un petit gout de viande caramélisé, un côté un peu âpre ou peut-être poivré.
- Est-ce que tu as assaisonné la viande ? Demandais-je tout en me resservant un morceau. C’est délicieux, ça m’avait manqué.
J’engloutis un deuxième morceau, puis un troisième. Passé le plaisir de la découverte des saveurs, je me rappelai que ce morceau de viande était censé être magique. Sauf qu’en y réfléchissant, je ne ressentais rien. Velhelm s’était-il moqué de moi ?

Je m’arrêtais les sourcils froncés, cherchant un indice ou une explication. Dans la pièce, le silence s’était installé et je percevais les bruits des collègues de Velhelm dans les laboratoires alentour.
- Quand est-ce que c’est censé faire effet ?, demandais-je intriguée.
Ma voix m’était apparue avec un écho. C’était tout à fait troublant. Je n’avais pas remarqué ce phénomène de répercussion auparavant.
- Qu’est-ce que …, commençais-je avant d’être interrompu par ce même écho. C’était comme si quelqu’un avec la même vois que moi parlait en même temps que moi.
Je tournais la tête à la recherche d’une explication lorsque mes yeux tombèrent sur mon sosie. C’était moi, même tenue, même mimique, mêmes cheveux ébouriffés.
Je fis un bon, effrayée, en même temps que mon double.
- Qu’est-ce que ?!...
Je cherchais Velhelm du regard, à la recherche d’un soutien, ne sachant comment régir à la situation qui se présentait à moi.

33+25=58 ~> 30min


Dernière édition par Charleen Imbach le Sam 13 Mai 2017 - 21:55, édité 1 fois
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Re: Centre de Recherche

Message par L'Omniscient le Sam 13 Mai 2017 - 21:53

Le membre 'Charleen Imbach' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'Dé(s) cent faces' : 33
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Re: Centre de Recherche

Message par Velhelm Peikko le Lun 15 Mai 2017 - 17:25

Le cœur de Velhelm était embarqué dans une attraction de montagne russe. Le wagon descendit en s'excusant de ne pas lui avoir demandé la cuisson de sa viande. Puis il remonta en entendant sa réponse : ça lui convenait. Encore une fois, le wagon redescendit. Était-ce du doute qui était apparu sur ce visage ? Non, l'idée de l'empoisonner n'était pas possible entouré d'autant de collègues.

(Pourtant, tu as déjà ramené un corps sur cette table garnie de couteaux...)

*Tais-toi ! *

Le moment arrivait. Elle mangeait ses premières bouchées de Pamulien. Outre le fait de manger de la vraie nourriture, l'enfant en Velhelm commençait à s'exciter. Il contenait son sourire mais était impatient de voir sa tête lorsqu'elle découvrirait... qu'elle en avait désormais deux !

Le moment de joie prit fin rapidement. Une expérience était lancée. Les ressources étant rares, il fallait obtenir le plus de données possible.

« Je suis désolé de t'avoir fait la surprise. Mais je t'assure que tu n'as absolument rien à craindre. »

Velhelm rangea le couteau et s'empara d'un petit carnet à la couverture noire. Un crayon dans la main, il était prêt à prendre des notes.

« Commence par prendre de grandes respirations. Tu inspires d'abord. »

Le Chercheur se tint debout, les mains au niveau de son bas-ventre, remontant vers le haut de son corps en même temps qu'il prenait une grande inspiration.

« Tu bloques. Voilà. Et tu expires. »

Il fit redescendre ses mains d'où elles étaient venus. C'était un mouvement qu'il avait récupéré d'une courte période où il s'était essayé aux arts martiaux. Ça paraissait idiot mais ça aidait à reprendre le contrôle de sa respiration.

Sans bouger son visage qui observait sa nouvelle assistante, Velhelm nota l'heure qui se trouvait sur une petite pendule accrochée sur le mur au-dessus de la table de bois.

« Maintenant, ferme les yeux. Continue à respirer lentement. Maintenant, tu devrais avoir pris conscience de ton double. Ouvre les yeux. Si ton esprit est ouvert à vivre cette nouvelle expérience, tu devrais ressentir tout en double. »

Le Chercheur conseilla à Charleen d'emmener ces deux corps se coller dos à dos. Avec des gestes de gentleman et non de scientifiques traitant cette ensemble comme un ensemble de composants organiques, il la guida à faire bouger ses deux corps.

« Est-ce que tu arrives à voir l'ensemble de mon bureau ? Tu devrais actuellement voir à trois-cents-soixante degrés. N'est-ce pas grisant comme sensation ? Presque comme si tu étais omniscient comme Dieu ? Ou comme si tu avais acquis des pouvoirs et que tu étais maintenant une super-héroïne. »

Pour ne pas noyer Charleen sous un flux de nouvelles informations, il retourna à son carnet de notes et inscrivit ceci :

Expérimenter les possibilités de la montre

Entre la découverte de ce nouveau monde, de son pouvoir magico-culinaire et de son passager sombre : Velhelm n'avait jamais vraiment pris le temps de s'intéresser aux possibilités de cette montre que tout le monde portait.

« Charleen, dis-moi, est-ce que ça va ? Pas de nausées ? Pas de migraine ? »
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Re: Centre de Recherche

Message par Charleen Imbach le Jeu 25 Mai 2017 - 19:16

Velhelm se montra rassurant, ça n’était pas dangereux. Je supposai donc que, contrairement à de nombreux scénarios de cinéma, mon double ne risquait pas de me sauter à la gorge pour m’étriper afin de voler ma vie et ma place. Et en même temps, au vu de l’état actuel de mon quotidien, il aurait fallu être suicidaire pour avoir envie de les prendre.
Mes yeux sautaient de Velhelm à mon clone. Je voyais tantôt le chercheur de face, tantôt de profil, tantôt un côté de la pièce, tantôt l’autre. Les images semblaient se succéder de façon aléatoire et mon cerveau avait du mal à suivre le rythme. J’avais l’impression d’être téléportée d’un corps à l’autre, de façon tout à fait incontrôlée. J’en avais presque le tournis.

Du coin de l’œil, je vis que Velhelm s’arma d’un cahier et d’un stylo, prêt à prendre des notes sur cette expérience. Après avoir endossée le costume de secrétaire, me voilà devenue cobaye.
Velhelm m’incita à respirer doucement. Inspirer, hhhhhhm, expirer, ffffffff …  Je reproduisais par mimétisme ce qu’il me montrait. Ses mouvements m’étaient familiers sans que je parvienne à trouver pourquoi.
- Ferme les yeux
Je m’exécutai. Le temps pour moi de me libérer de ma peur, j’ouvrai les yeux pour prendre pleinement possession de mes nouveaux pouvoirs. C’est du moins ce que je tentais de faire.
- Tu devrais ressentir tout en double.

J’essayai d’écouter, mais je ne voyais pas vraiment de différence avec la présence de mon clone. J’avais peut-être un léger écho, mais rien de probant. Nous étions probablement trop proches pour percevoir des différences dans les bruits de la pièce. Idem pour la sensation de touchée. Il fallait dire que ce n’était pas un sens dont je me préoccupais beaucoup, je n’étais pas habituée à y prêter attention. C’était pour la vue que la différence était la plus impressionnante. J’avais toujours des flashs en passant d’un corps à l’autre et parfois, le voyais les deux en même temps. Dans ces moments, je me sentais prise de malaise, comme si mon cerveau se perdait à cause de ce trop-plein d’informations.
Je me laissai guider pas le chercheur, muée par une confiance totale et aveugle. Je le sentais bien intentionné, non, je ne savais bien intentionné.

Dos à dos avec mon clone j’essayais de voir et de sentir. D’abord les yeux fermés, je percevais mon corps contre le sien et le sien contre le mien. C’était étrange. Lorsque j’ouvris les yeux, le monde m’apparut comme plus grand. Je voyais à la fois devant et derrière. J’avais l’impression de ne faire plus qu’un avec mon double.
- Est-ce que tu arrives à voir l'ensemble de mon bureau ?, questionna Velhelm non sans enthousiasme, Tu devrais actuellement voir à trois-cents-soixante degrés. N'est-ce pas grisant comme sensation ? Presque comme si tu étais omniscient comme Dieu ? Ou comme si tu avais acquis des pouvoirs et que tu étais maintenant une super-héroïne.
- Woooh, c’est dingue, c’est … C’est indescriptible …
- Charleen, dis-moi, est-ce que ça va ? Pas de nausées ? Pas de migraine ?
- Euuuuh, ça va. Au début ça m’a fait bizarre, je n’étais pas très bien. Un peu comme quand on est malade après un manège à sensation, tu vois ? Je crois que c’était le fait de voir en double le plus perturbant.

Je m’appliquai à lui décrire toutes les sensations que j’avais ressenties depuis le début de l’expérience.
Je  testai mes deux corps, faisant un mouvement avec l’un puis un autre avec l’autre. S’il était facile de faire les mêmes mouvements, comme dans un miroir, c’était une autre paire de manches lorsque je tentais deux actions différentes. Cela me rappela mes premières difficultés en musique lorsqu’une main devait faire quelque chose et que l’autre avait une autre mission. Mais c’était un exercice que j’avais pris l’habitude de faire alors pourquoi n’y arriverais-je pas maintenant ? Je redoublai donc en application, essayant de comprendre comment cela fonctionnait, de trouver le déclique.
- Tu ne manges pas, toi ?, finis-je par demander.
Peut-être qu’à deux, on pourrait tenter des expériences intéressantes ?

[11 min]
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Re: Centre de Recherche

Message par Velhelm Peikko le Dim 28 Mai 2017 - 16:49

Velhelm hocha de la tête. Il était concentré dans sa tâche. Ses tâches plutôt. Car en plus d'écouter le rapport que lui faisait en direct Charleen, le Chercheur était concentré à quoi entreprendre ensuite dans le temps qu'il leur était imparti.

« Je n'ai pas le temps de manger maintenant. Chaque minute est précieuse car les effets peuvent s'estomper dans une minute comme dans une heure. »

Sa décision avait déjà été prise. Il avait seulement une dernière interrogation : devait-il expliquer l'expérience maintenant ou attendre que celle-ci est pris fin ?

« Ecoute-moi attentivement s'il te plaît. Chacun de tes deux corps va sortir du Centre de Recherche et marcher dans une direction différente. »

Alors qu'il expliquait la situation, le Chercheur tourna une page de son carnet de notes. Il commença alors à gribouiller quelques signes hâtivement.

« Je veux que tu ailles le plus loin possible. Reviens au Centre de Recherche qu'une fois ton clone disparu. Prends le chemin que tu veux mais fais en sorte de t'en souvenir. Aussi bien avec ton corps original qu'avec la copie. C'est bien compris ? »

Velhelm déchira la page qu'il venait de remplir rapidement. Il la déchira d'abord en deux. Puis encore en deux un des deux morceaux. Il se rendit auprès de chacune des deux Charleen et confia le papier qu'il avait précédemment plié en deux pour masquer le contenu.

« Quand tu sentiras les effets de la magie disparaître, ouvre le papier. Je ne suis pas en train de stresser mais ne t'inquiètes pas si tu ne ressens rien. La coupure de la liaison peut être immédiate sans signal d'alarme. Bon, je crois que tout est prêt. Si tu n'as aucune question, file. »

Ça faisait beaucoup de directives en peu de temps. Sur un ton qu'il avait espéré être le plus courtois possible étant donné l'urgence de la situation.

*J'aurais du lui demander d'attendre avant de lui cuisiner le steak de Pamulien. On aurait pu préparer cette expérience avec plus de zen. *
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Re: Centre de Recherche

Message par Charleen Imbach le Ven 2 Juin 2017 - 11:53

Velhem me répondit qu’il n’avait pas le temps de manger la viande. Je le regardai intriguée tandis qu’il me donnait un exercice à faire. Je sentais la fébrilité dans ses paroles, car le temps nous était compté. J’avais l’impression qu’il s’attendait à me voir disparaitre à tout moment. Son agitation me gagna, j’étais dans les startings blocs, prête à m’élancer dès la fin de ses consignes. Je me concentrais sur chacune de ses paroles pour n’en oublier aucune. Partir chacune de notre côté, le plus loin possible jusqu’à la disparition du clone. Me souvenir des deux chemins que j’emprunterai. Ça, ce n’était pas gagné. J’avais encore du mal à me repérer dans la cité et mon sens de l’orientation n’était pas la faculté dont j’étais la plus fière. Il nous confia, à moi et à mon clone, deux morceaux de papier à ouvrir juste avant la fin des effets magiques.
Ses instructions transmises, il donna le top départ :
- File.

Mes jambes se mirent immédiatement en mouvement. J’aurais voulu courir mais contrôler deux corps en même temps n’était pas une mince affaire. J’avais tendance à me cogner aux meubles et aux murs. Je devais avoir l’air d’une folle furieuse bourrée. Pourtant, personne dans le centre de recherche ne m’intercepta.
Une fois dehors je pris à gauche avec mon vrai moi – il me semblait du moins que c’était le vrai. Mon double était légèrement en retard, j’avais eu du mal à trouver la sortie, mais je savais déjà que je partirai du côté droit avec celui-là. C’était la solution que j’avais trouvée pour me souvenir facilement du chemin. Tout droit et à gauche avec un corps, tout droit et à droite avec l’autre.
Plus j’avançais et mieux je comprenais comment faire fonctionner les deux corps simultanément. J’avais toujours une démarche chaloupée mais ma cadence avait accéléré. Je courrais presque. Dans le creux de ma main gauche, je serrais le papier que m’avait confié Velhelm. Je le sentais aussi dans la main droite puisque c’était de ce côté que je le tenais avec mon clone.

Dans ma tête, il n’existait plus rien d’autre que la mission que m’avait confiée le chercheur. Mon seul objectif était d’aller le plus loin possible.
Je fus essoufflée assez rapidement si bien que j’abaissai ma vitesse à une marche rapide. Ce rythme me convenait bien mieux pour gérer mes deux clones. Je voyais deux paysages différents en même temps, mais au lieu de produire un joyeux fouillis qui aurait donné un mal de crâne carabiné à n’importe qui, les images me paraissaient claires. Je sélectionnais naturellement les éléments  importants et mes deux corps réagissaient chacun à leur environnement. Je ne butais plus dans les murs, je ne tanguais plus, j’avais trouvé ma vitesse de croisière.
C’était tout à fait indescriptible comme sensation. Ce n’était pas très différent d’une vision normale, dans n’importe quelle circonstance il est impossible de voir l’ensemble de ce que le monde offre à notre rétine. Notre cerveau est toujours concentré sur un point plus ou moins large mais qui n’englobe jamais la totalité de ce que capte notre œil. C’était un peu pareil ici, j’avais deux fois plus d’informations mais le tri se faisait naturellement.

Je n’avais aucune idée de la distance que j’avais pu parcourir mais je sentais un point de côté percer. Je tentais de respirer profondément, pour le faire passer. Je n’étais pas sure de pouvoir tenir le rythme encore bien longtemps. Je ne savais pas s’il était essentiel pour Velhelm que j’aille le plus loin possible ou si le plus important était que l’expérience dure le plus longtemps possible. Pour ce dernier point, je ne pensais pas pouvoir y faire grand-chose. La durée de la magie pouvait-elle déprendre de la volonté ? C’était une question intéressante à poser au chercheur.
Sans prévenir, une image sur les deux disparue durant une fraction de seconde. Je manquai de me casser la figure avec mes deux clones à cause de la surprise. Je m’arrêtai, troublée par ce qu’il venait de se passer. Etait-ce, comme me l’avait dit Velhelm, un indice sur la disparition imminente des effets magiques ? Je me concentrai un instant sur mes cinq sens, cherchant à déceler un changement. Une nouvelle fois, une de mes deux visions faiblit. Je compris alors que ce devait être la fin. Je tentai de reprendre le contrôle de mon clone pour déplier le papier et lire ce qu’avait noté le chercheur. Mais avec le stress et la précipitation, la feuille semblait me glisser entre les doigts. Finalement, la connexion fut rompue sans que j’ai eu le temps de voir quoi que ce soit.

L’expérience achevée, je pris le chemin du retour. J’en profitai pour regarder la fameuse inscription de Velhelm sur mon morceau de papier. « A33KL8 ». J’observai cette succession de chiffre et de lettres plusieurs fois, cherchant à y desceller un message caché. Cela ne m’inspirait rien du tout.
Le retour me parut beaucoup plus long. Je marchais moins vite, pour faire passer le point de côté. Je me sentais épuisée par la course effrénée que je venais de faire. Vidée, même. Ce n’était pas tout à fait la même fatigue que lorsque je faisais du sport, c’était plus profond. Je n’avais jamais ressenti ça auparavant.
De retour dans le bureau de Velhelm, je lui tendis le papier.
- ça veut dire quoi ?, Demandai-je intriguée.
J’enchainais en lui racontant toues mes impressions et en lu montrant les deux trajets avec le plan présent sur mon communicateur.
- Je n’ai pas pu lire le papier de mon clone mais je pense qu’il doit se trouver par ici. Tu veux qu’on aille le chercher ?
Je fus prise d’un malaise, la tête me tournait un peu. Je m’assis lourdement sur la chaise la plus proche.
- Je ne sais pas ce que j’ai, expliquai-je au garçon, je me sens faible. Comme si j’étais en hypoglycémie ou … Je ne sais pas trop. J’essayai de mettre cette sensation désagréable de côté et je repris sur les recherches : à quoi ça t’a servi tout ça ?
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Re: Centre de Recherche

Message par Velhelm Peikko le Dim 4 Juin 2017 - 7:15

Un gros quart d'heure était passé. Charleen n'était pas encore revenu et Velhelm commençait à tourner en rond. Il aurait voulu faire quelque chose de plus, profiter d'une meilleure façon de son expérience. Mais il n'y avait plus rien d'autre à faire qu'attendre avant de récupérer un maximum de donnée de la bouche de sa nouvelle assistante.

*Peut-être qu'à deux mes recherches vont progresser bien plus vite ? *

Dans son bureau/cuisine, le Chercheur n'avait rien d'autre à faire qu'utiliser son cerveau. Alors il pensait.

*Si seulement il y avait assez de viandes et de candidats, je pourrais commencer à lancer mon projet. Projet dont je devrais trouver un nom d'ailleurs. Ce serait plus facile de m'en souvenir et d'en parler aux autres par la suite. *

Dix minutes encore venaient de s'ajouter au précédent quart d'heure. Charleen n'était pas encore revenu. S'était-elle perdue ? Velhelm espérait que non. Il n'avait pas envie de voir la déception s'inviter dans son cœur.

A nouveau.

Après tout, elle était parvenue à chasser ses mauvaises pensées et à repousser l'influence de son « passager noir ».

*Donc, ça doit faire environ une demie-heure que la magie opère. Ça reste dans la moyenne. Mais comment est-ce que je peux en augmenter les effets ? En ajoutant des plantes ? *

Finalement, le Chercheur retrouva son Assistante. Cette dernière lui posa plein de questions et lui fit un rapport de ce qu'elle avait expérimenté. C'était intéressant. Elle s'adaptait très bien à l'inconnu, se raccrochait à des expériences passées (jouer à un instrument de musique) pour parvenir à maîtriser un double corps, double esprit. Tout cela, Velhelm le griffonnait dans son carnet de notes. Il savait qu'il y avait un tant pour écrire et un autre pour dire.

« Alors, alors. Par quoi commencer ? »

Ses yeux se posèrent sur le morceau de papier posé sur la table en plein milieu de la pièce.

« L'inscription ne veut strictement rien dire. Ne cherche pas un message à décrypter. Enfin, sauf si tu crois que mon inconscient a tenté de communiquer avec le monde extérieur. »

Velhelm s'assit finalement sur la table, laissant l'unique chaise à Charleen qui reprenait ses esprits.

« En tout cas, pas la peine d'aller chercher le deuxième morceau de papier. Je préfère qu'on reste ici. Ça te permettra de reprendre tes esprits et moi de t'expliquer le but de cette petite expérience. »

*Avant d'ouvrir de nouveau la bouche, faire rapidement la synthèse de mes idées. Donc : durée ; éloignement/connexion ; information A + information B. *

« L'expérience visait à dresser un profil de ta personne. Savoir comment tu réagissais aux compétences du steak de Pamulien. Sache que c'est vraiment la première expérience d'une très longue que j'envisage. »

*Ajouter le point « apprentissage » au résumé que je vais lui faire. Ainsi que lui parler de mon projet sans nom. *

« Donc. La première information que je voulais récolter était le temps d'action de la viande magique dans ton organisme. A priori, les effets se sont estompés au bout d'une demi-heure. C'est dans la moyenne, je dirais. Pas une qui me satisfait mais au vu de mon rayon d'action, je m'en contente pour le moment. »

Velhelm porta son poignet au niveau de son visage. Il était 16h48 à son communicateur.

« Ensuite, je voulais tester les notions d'éloignement et de connexion. Savoir s'il existe une distance maximum d'utilisation. A priori, deux clones peuvent agir indépendamment, chacun à une extrémité de la Cité. Tu n'as pas eu le temps d'aller jusque là-bas, mais je le sais d'une précédente expérience. »

S'allongeant presque sur la table, Velhelm ramena son carnet de notes jusqu'à lui. Il l'ouvrit à la page déchirée où se trouvait les deux inscriptions que chacune des deux Charleen avait eu dans la main.

« Enfin, je voulais savoir si l'expérience d'un clone A s'ajoutait à l'expérience d'un clone B. Ou alors, si, une fois le clone disparu, les informations disparaissait également. Le but de tout ça étant de pouvoir proposer aux autres chercheurs une méthode d'accélérer leurs recherches. Imagine si un des scientifiques pouvait travailler avec trois autres lui-même. Télépathie. Démultiplication des tâches. Accélération de la connaissance. »

Les couteaux rangés dans leur fourreau rappela Velhelm à la dure réalité.

« Bien entendu, si je parvenais à mettre en avant mes recherches, ce serait les militaires qui seraient intéressés en premier. Je ne me fais pas d'illusions. »

Velhelm descendit de la table et se posta devant Charleen. Son index tapota ses lèvres. Est-ce qu'il devait en parler maintenant ?

« J'ai un projet, Charleen. »

Il en avait un. Il avait même beaucoup de temps. Mais il n'avait pas les ressources matérielles et humaines pour le mettre à exécution.

« Depuis que je suis arrivé dans ce monde, j'ai compris que j'étais défini par mon pouvoir. Tous ceux qui arrivent obtiennent un pouvoir. Je ne peux m'empêcher d'y penser comme d'une destinée qui nous est échu. Avec son lot de tentations et de ténèbres... »

Il y avait beaucoup de sang sur cette table de fer et ces couteaux...

« Ce que j'essaie de te dire, c'est que je suis convaincu que je peux apporter beaucoup à la Cité. Imagine seulement les possibilités que nous offre le Pamulien. Au service de la science, il permettrait de nous apporter réponses et technologies. Au service de courageux, il permettrait de tracer une cartographie détaillée qui entoure la Cité. Peut-être ne sommes-nous pas seuls ? »

Il y avait de l'envie et de l'excitation derrière ces dernières paroles. Lui qui n'avait jamais été un scientifique dans l'ancien monde, il se prenait au jeu.

« Mais pour réaliser « ma destinée », il va falloir que je commence petit. Donc voilà ce que je te propose Charleen. »

Velhelm esquissa un sourire. Puis il posa un genou au sol comme s'il allait la proposer en mariage. Geste qu'il avait déjà plusieurs fois avec succès dans son ancienne vie.

« Voudrais-tu devenir mon cobaye ? Ma seule et unique. Que ce soit dans les succès glorieux et les échecs honteux. »
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Re: Centre de Recherche

Message par Charleen Imbach le Ven 16 Juin 2017 - 18:29

Velhelm se lança dans de longues explications afin de répondre à ma curiosité. Il me fit par de ce qu’il avait appris de mon expérience, des précédentes et des applications qu’il imaginait pour la suite. Tout ce qu’il me racontait était passionnant. Je ponctuais ses paroles de « ahh » et de « Ooooh », acquiesçant avec force et conviction. Cela m’apparaissait plus comme un jeu que comme un travail. Ça n’avait rien à voir avec le secteur de la santé auquel on m’avait assigné. Je regrettais d’ailleurs d’y avoir été envoyée.
Ses explications dévièrent sur un versant plus philosophique, des histoires de destiné. Je ne m’étais jamais préoccupée de ce genre de chose. Je vivais au jour le jour, j’affrontais les problèmes et profitais des joies sans chercher à leur donner un sens. Les choses arrivaient, voilà tout. Ce n’était rien de plus que du hasard. Et puis, en ce qui me concernait, l’idée que l’absence de pouvoirs puisse être ma destinée n’avait rien de palpitant. Dit comme ça, c’était même carrément décevant. Maintenant que je venais d’expérimenter la magie de ce monde et de voir le potentiel que cela pouvait avoir, j’étais encore plus déçue de ne pas avoir découvert le mien.
Velhelm avait trouvé sa place dans la cité avec son pouvoir. Il avait une utilité, un dont qui le rendait vraiment utile et irremplaçable. Moi, je n’avais rien. Je l’enviai tout à coup.

L’enthousiasme de Velhelm inondait la pièce. C’était tout à fait Jack : positif, plein d’idées et de bonne volonté. Un peu rêveur peut-être ? Le regarder s’exprimer ainsi me faisait tellement penser au dessin animé. Il n’avait plus rien à voir avec l’homme éteint que j’avais trouvé dans la rue. Ses problèmes insolubles semblaient s’être envolés, remplacés par des énigmes passionnantes. Jack préparait Noel et j’espérais de tout cœur que celui-là ne serait pas un fiasco. J’étais bien décidée à tout même en œuvre pour que ce ne soit pas le cas. Avec mes talents d’assistante tout allait se passer comme sur des roulettes, parole de Charlie !
Sa bonne humeur était contagieuse et j’en oubliai ma fatigue et mon malaise. Moi aussi, je me prenais au jeu des devinettes et j’avais hâte de déballer tous les cadeaux. Comme Velhelm, ma peine s’était envolée. Ma famille ne me rendait plus triste, j’en avais presque oublié leur existence. J’étais seulement dans l’instant présent, et ça faisait un bien fou.

J’eus le sentiment que les choses dérapaient lorsque je vis Velhelm poser un genou à terre, comme le font tous ces gentlemans dans les films à l’eau de rose. Je fus prise de panique, devant cette marque d’engagement ultime. Ce n’était pas possible, on se connaissait à peine ! Comment avait-on pu en arriver à une telle situation ? Il me parlait de destiné et … J’avais loupé un épisode ou quoi ? À moins que les hallucinations soient un effet secondaire de la viande de Pamulien ?
- Voudrais-tu devenir mon cobaye ? Ma seule et unique. Que ce soit dans les succès glorieux et les échecs honteux.
Je clignai des yeux plusieurs fois, l’air de ne pas comprendre. Il avait dit cobaye ? Il avait bien dit cobaye ?! Ça avait quelque chose de rassurant et en même temps, une demande aussi solennelle me faisait peur. J’en aurais presque pris mes jambes à mon coup. Je me doutais cependant que du point de vue de Velhelm, il s’agissait seulement d’humour. Je tentai donc de le suivre sur ce chemin, affichant un sourire un peu trop grand pour être tout à fait sincère :
- Ce serait un immense honneur, répondis-je en surjouant, de devenir ton cobaye et toi mon euh … savant fou ? Dans les succès et dans les échecs, ajoutai-je en échos à ses paroles. Jusqu’à ce que la mort nous sépare !, je lui lançai un regard rieur, guettant sa réaction. Comment allons-nous sceller cet engagement ?

Je parcourus la pièce du regard à la recherche d’une idée. Les pactes se liaient souvent autour d’un verre, mais il ne semblait rien y avoir ici. La viande de Pamulien pourrait-elle le remplacer ? Bof. Il y avait bien le sceau du sang, mais il me semblait que s’entailler mutuellement la main avait quelque chose d’un peu glauque. Et puis le sang, je n’aimais pas ça. Alors quoi ?
- C’est dommage qu’on n’ait pas une petite coupette de champagne pour finir sur une bonne note. Ou même une bière, ma fois, je suis pas difficile.
Mon regard s’attarda sur le croquis de Pamulien que j’avais vu tout à l’heure.
- Oh je sais !, m’exclamai-je, est-ce que tu aurais d’autres écailles comme ça ? On pourrait s’en faire un collier avec la ficelle là. Ça parait approprié pour un engagement de cobaye à savant fou non ?, demandai-je tout sourire.
A défaut d’un verre, cela ferait bien l’affaire. Et puis, maintenant que l’idée avait germé dans mon esprit, je me voyais tout à fait avec ce genre de bijou. Cela me donnerait l’impression d’être une guerrière, comme si j’étais moi-même venu à bout du Palmulien. La classe quoi.

Bon week-end !
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Re: Centre de Recherche

Message par Velhelm Peikko le Mar 20 Juin 2017 - 21:53

Qu'est-ce qu'il lui avait pris ? De poser le genou à terre et de singer une demande en mariage. Il connaissait à peine Charleen depuis quelques heures. Mais ces doutes avaient très vite passer leur chemin pour laisser naître un rire franc dans la gorge de Velhelm.

« Ah ah ! Va pour le savant fou ! Ah ah ! »

C'est vrai qu'une bière aurait été un grand plaisir. Mais ce monde ne semblait pas vouloir laisser les humains profiter de quelques plaisirs. Peut-être ne les méritaient-ils pas encore ?

Alors le visage du chercheur devint un masque froid. La dureté était dans chacun de ces traits. Et cette expression n'était pas loin du masque que portait son « passager noir » lorsqu'il passait à l'acte...

« Pourquoi ne pas lier nos sangs ? Ce serait plus rituel. Plus intime, tu ne penses pas ? »

Ses doigts marchèrent tranquillement sur la table d'acier, se rapprochant d'un couteau à la lame aiguisée.

Puis il rit à nouveau !

« Ah ah ! Je suis désolé. J'étais obligé. Ah ah ! »

Le rire lui contractait ses muscles abdominaux. C'en devenait douloureux. Le calme revenu, Velhelm souffla un coup et ajouta :

« Bien sur, on peut se faire un collier si tu le désires. Mais tu ne penses pas que ça va manquer d'un je-ne-sais-quoi de personnel ? Je repense à mes mariages, dans chacun d'eux, il y avait une inscription à l'intérieur des bagues. Voyons, qu'est-ce que ça pourrait être pour nous ? »

Le chercheur tapota de sa main sa banane. Ses yeux étaient levés au ciel, semblant chercher une réponse dans ce toit loin de ressembler à une œuvre d'art. Il alla même jusqu'à se frotter ses joues rasées. Mais le terrible fléau des écrivains l'assaillait : le syndrome de la page blanche.

« Va pour le collier avec une belle écaille de Pamulien. Puis, qui sait, peut-être que ce sera une bonne excuse à l'hôpital ? Tu pourras inventer une histoire sur comment tu te l'es procuré. Peut-être en sauvant un enfant dans la Cité ? »

Charleen présentait quelques signes de fatigue. Qui plus est, Velhelm savait à quel point l'ingestion de sa nourriture magique pouvait drainer les forces de l'organisme. Surtout pour ceux qui n'étaient ni sportifs ni du type militaire.

« Voici ce que je te propose, « ma très chère assistante ». On se revoit demain et chaque autre jour qui suit. A chaque jour sa peine. » (petit sourire) « Ce que je veux dire, c'est que je te propose de faire une expérience par jour sur une créature différente. De cette façon, tu apprendras à connaître le bestiaire de ce nouveau monde et de quelles capacités sont dotées chacune des créatures. Ça te va ? »
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