Ponts et abords de la rivière

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Ponts et abords de la rivière

Message par Maître du Jeu le Mar 12 Avr 2016 - 12:23

Le quartier de l'hôpital est le plus connecté à l’eau puisque il en est cerné au nord, à l’est, à l’ouest et que le réseau de canaux autour de l’hôpital le traverse. Il comprend de nombreux ponts aux apparences diverses. D’un simple tronc d’arbre coupé, à un édifice en bois semblable aux ponts traditionnels Japonais, aux ponts en pierre plus massifs, il y en a pour tous les goûts. Les influences architecturales de ce quartier y sont variées. On y retrouve beaucoup des maisons asiatiques traditionnelles, mélangées avec les chalets nordiques. Se sont principalement des logements collectifs, mais un atelier de réparation couplé à plusieurs usines ont été installés, au nord, pour répondre aux besoin du quartier.
Le quartier de l'hôpital est une zone calme et sure. Pour preuve, vous y trouverez peu de bâtiments en ruine - tombé sous les coups d'une créature affamée - ou rafistolés à la va-vite.
Au nord, accolé à la rivière, se trouve la centrale électrique qui alimente toute la ville en électricité. Le bâtiment ressemble à un bunker. Il a été partiellement enterré dans le sol.
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Re: Ponts et abords de la rivière

Message par Charleen Imbach le Sam 3 Déc 2016 - 13:59


Au début de ce nouveau périple mes yeux se déplaçaient frénétiquement, à la recherche d'un tentacule suspect. J'étais à peu près persuadée que le dernier monstre allait nous tomber dessus. Paranoïa ou sixième sens divinatoire, je n'en avais pas la moindre idée.
La sérénité de la jeune femme me déstabilisait un peu. Je lançais vers elle des coups d'oeils réguliers à la recherche d'une ride sur le front qui aurait pu traduire une inquiétude ou de lèvres pincés signes d'une angoisse. Cela aurait été bien naturel ; pourtant rien de tout cela ne transparaissait sur son visage impassible. On aurait pu la croire sur une promenade de santé.

A chaque nouveau pas, je sentais mon corps se détendre. Ma respiration s'apaisait et mes sombres pensées me quittaient. Je restais attentive à tout élément suspect mais je ne m'attendais plus à trépasser d'un moment à l'autre.
Je me sentais lunatique. D'abord au bord en proie à une peur panique, l'instant d'après calme comme l'eau qui dort. Ou presque.
- Deliah, c'est ça ? Tu es ... C'est très impressionnant ce que tu arrives à faire avec ton bâton ...
Le souvenir du pistolet qu'elle m'avait donné me revint alors. Dans un réflexe, mes mains tâtèrent les poches de mon pantalon mais seul mon communicateur répondit à la pression que j'exerçais sur le tissu. J'avais dû lâcher l'arme lorsque je m'étais rendu compte qu'elle était déchargée.
- Ton pistolet !, m'exclamai-je, Je l'ai perdu. Je suis désolée. Il doit être tombé sur la place.
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Re: Ponts et abords de la rivière

Message par Deliah Leucosie le Lun 30 Jan 2017 - 8:23

Deliah connaissait la Cité depuis peu de temps, mais elle avait vite appris à reconnaitre les rues, les quartiers et maisons. Chemin de ronde oblige, il fallait qu'elle garde un plan clair dans sa tête sans constamment se référer à son communicateur. La Cabane, elle situait plutôt bien, puisque c'était pile dans le quartier qu'elle surveillait au moment de l'attaque. Elle se trouvait juste au sud de la place.

Il n'y avait plus qu'à rebrousser chemin, du coup.

En marchant, la combattante laissait son attention aller des rues à la jeune femme qui l'accompagnait. Il y avait relativement peu de risque de se faire attaquer par la créature restante, mais elle ne pouvait pas en être totalement inconsciente non plus. Sa camarade semblait se détendre peu à peu, elle aussi. Au bout d'un moment, elle finirait par s'habituer à l'idée d'être entourée de bêtes carnivores. C'était ça après tout, la vie dans la Cité.

- Deliah, c'est ça ? Tu es ... C'est très impressionnant ce que tu arrives à faire avec ton bâton ...

La brésilienne ne s'attendait pas à recevoir un compliment. Devait-elle la remercier ?

- C'est mon pouvoir qui fait ça, relativisa-t-elle. Tout le monde ici est impressionnant à sa propre manière.

Elle n'aimait pas trop se lancer des fleurs. Elle n'avait guère de mérite de son point de vue, cela aurait presque été une imposture.

- Ton pistolet ! Je l'ai perdu. Je suis désolée. Il doit être tombé sur la place.

Deliah tenta de déterminer le degré d'inquiétude qu'elle devrait avoir à cette annonce. D'un côté, ce n'était pas bien grave. Il devrait encore être là, sauf si... quelqu'un l'aurait prit ? N'importe qui n'avait pas le droit à n'importe quelle arme, entre ses murailles, et son arme de fonction devait être personnelle. Si un vol avait lieu, elle devrait immédiatement le signaler.

- On verra si on le trouve en y passant, c'est sur notre chemin. Je fouillerai un peu plus après, sinon.

Ou peut-être qu'on allait le rapporter au quartier général de la Défense, en l'absence d'un propriétaire. Il y avait suffisamment de possibilités que rien de grave ne se soit produit pour ne pas s'en alarmer. Pour le moment, du moins.

- Tu t'appelle comment, au fait ?

Depuis le premier instant où elles s'étaient vus, elle ne l'avait toujours pas demandé. Et maintenant que le danger était loin, elle pouvait enfin se laisser aller à des discussions plus anodines.

- Je suis encore un peu nouvelle, confia-t-elle. Je viens du Brésil, je suis arrivée il y a quelques mois.

Depuis qu'elle était arrivée dans la Défense, elle avait très peu échangé avec les autres, toute sa formation ayant été à faire. En fin de compte, c'était plutôt agréable de parler de tout et de rien. C'était un peu comme si tout était parfaitement normal, qu'aucun monstre ne risquait de les attaquer par surprise. On oubliait, pour quelques instants.
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Re: Ponts et abords de la rivière

Message par Charleen Imbach le Sam 25 Fév 2017 - 11:29

La jeune femme expliqua que sa prestation durant le combat était liée à son pouvoir. J'acquiesçais, admirative. Une force Herculéenne, ça c’était la classe. J’avais de la chance d’être tombé sur elle avant de croiser le chemin des poulpes.
Modeste, Deliah précisa que tous les habitants de la cité étaient impressionnants à leur manière. Je n'étais pas tout à fait d'accord, certains pouvoirs étaient plus utiles ou visibles que d'autres.
Cette remarque me rappela que mes pouvoirs à moi ne s'étaient toujours pas manifestés. Les docteurs m'avaient dit que cela pouvait prendre un certain temps, que je n'avais cas prendre mon mal en patience et rester attentive. D'après eux, la magie s’exprimait souvent sous le coup d'une émotion forte, la première fois. Mais avec ce que je venais de vivre, je m’étonnais que rien ne ce soit déclenché. Existait-il plus forte émotion que la peur de mourir ? Cela me mit le doute : se pouvait-il que certaines personnes soient dénuées de magie ?

Je déglutis avec difficulté lorsque Deliah parla de repasser par le lieu de l'attaque pour y retrouver le pistolet. N'y avait t il pas un autre chemin ? Cette place était manifestement dangereuse. Je sentais que mon stresse remontait en flèche ce qui contrastait bizarrement avec le calme de la jeune femme. Cette dernière ne s’attarda pas plus sur la question du pistolet. Elle enchaina sur tout autre chose en me demandant mon nom.
- Charlie, répondis-je simplement.
J’étais en proie à une peur panique qui menaçait de me submerger. Je me sentais sur le point de faire une crise d’angoisse. J’avais envie de hurler, de rire, de pleurer ...
Deliah poursuivit en racontant que son transfert n’était pas très vieux et qu’elle arrivait tout droit du Brésil. L’écouter parler m’aidait à ne pas sombrer dans la folie. Je me raccrochais à chaque mot pour essayer de m’éloigner de ma peur. Le Brésil, comment la vie pouvait-elle être, là-bas ? J'avais quelques images en tête, essentiellement de Rio de Janeiro et de sa plage de sable blanc bordés de buildings.

Lors qu’elle eut fini de parler, je me sentis obligée de lui donner quelques informations sur moi, en retour :
- Moi aussi, je viens juste de sortir de l'hôpital, confessais-je penaude. Je crois que je suis là depuis un mois.
Je réalisais alors que, sur terre, j'avais disparut depuis un mois. J'imaginais difficilement la peur et la peine de mes proches. J'en étais malade rien que de penser au mal que je devrais leur faire, au cauchemar qu'ils devaient affronter par ma faute. Je n'y étais certes pour rien, mais je ne supportais pas l'idée qu'ils souffrent à cause de moi. Ma gorge était serrée et je devais fournir un effort considérable pour maintenir une respiration normale et ne pas fondre en larmes. J’avais toujours envie de hurler, mais plus du tout de rire.
- Je viens des États-Unis, parviens-je à conclure dans un murmure un peu chevrotant.

Nous continuâmes dans le silence, quelques instants. Je lutais contre la foule d’émotion qui se présentait à moi. Tristesse, colère, peur, je ne savais plus bien où j’en étais. C’était les montagnes russes dans ma tête, dans tout mon corps en fait. Comme si mes hormones étaient sécrétées de façon aléatoire et en très grande quantité.
Dire que les médecins m’avaient jugé apte à sortir. Ce n’était manifestement pas le cas. J’étais instable et je craignais de finir par sombrer dans la folie. À moins que ce ne fût déjà le cas.
Espérant m’épargner plus de sensations fortes, je finis par demander d’une voix un peu tremblante :
- Y a pas un autre chemin pour aller à la Cabane ? J’ai … pas très … envie de … repasser par là-bas …
« Pas très envie », c’était un euphémisme.
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Re: Ponts et abords de la rivière

Message par Deliah Leucosie le Dim 26 Mar 2017 - 12:24

A présent, Deliah savais donc comment la jeune femme se prénommait. Charlie... Ce n'était pas un nom masculin ? Il fallait dire qu'avec toutes ses différentes langues, toutes ses différentes cultures, ce n'était pas évident de s'y retrouver. Du coup, Charlie, ce n'était pas trop compliqué à retenir, quand bien même il lui paraissait un peu bizarre.

Elle en appris également plus sur la brune, à mesure qu'elle parlait. Comme elle l'avait supposé de prime abord, il s'agissait d'une nouvelle, transférée depuis encore moins longtemps qu'elle. Son air inquiet (voire carrément effrayé) s'expliquait donc parfaitement. En plus elle venait des États-Unis, ce qui devait pas mal changer au niveau environnement. Adieu gratte-ciels et confort moderne, bonjour bicoque partagée et WC extérieurs.

Après réflexion, Charlie n'avait pas juste l'air effrayé. Son ton chevrotant fit se retourner la combattante, comprenant qu'elle allait moins bien qu'elle ne l'avait pensé. Oui, à son expression Deliah pouvait garantir qu'il ne s'agissait pas juste d'une angoisse post-transfert. Elle avait l'air triste ou bien perdue... terrifiée ? Un peu des trois sans doute. A quoi était-elle en train de penser ? Sans doute que son intervention suivante répondit à cette interrogation.

- Y a pas un autre chemin pour aller à la Cabane ? J’ai … pas très … envie de … repasser par là-bas …

Deliah réfléchit un instant. Sa représentation mentale de la Cité finit par l'aiguiller : on pouvait faire un détour.

- On peut prendre à gauche directement après le pont, indiqua-t-elle. On rejoindra la rue de la Cabane par le Sud, comme ça.

Elle fixa la jeune femme un instant, réalisant qu'elle devait dire quelque chose de gentil, pour la rassurer. Son esprit travailla à vive allure et elle finit par dire :

- Il ne faut pas s'inquiéter, hein. La sécurité dans la Cité, elle est bien faite. C'est ça, le boulot de la Défense. Ce n'était pas trop maladroit, comme phrases ? Non, cela lui semblait bien. Elle ajouta : Et on apprend vite à se défendre soit-même, même dans les autres secteurs. Tu ne craindra bientôt plus ce genre d'attaques, j'en suis sûre.

Mouais, pour le coup c'était sans doute pas très rassurant. Elle impliquait que des attaques arrivaient régulièrement, et qu'elle pourrait avoir à se défendre elle-même... La diplomatie, ce n'était pas encore ça. Mieux valait arrêter de parler maintenant, avant de faire d'encore plus grosses gaffes.
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Re: Ponts et abords de la rivière

Message par Charleen Imbach le Sam 29 Avr 2017 - 10:03

Deliah sembla bien comprendre l’angoisse que je ressentais car je n’eus pas à insister longtemps pour que l’on change de route. Cela m’apaisa quelque peu. Mais je ressentais encore un profond désarroi à l’idée de ma famille inquiète et de la peur à cause du monde dangereux dans lequel j’avais atterri.
Deliah reprit la parole ce qui me permit de me concentrer sur ses mots plutôt que sur les miens. Elle tenta de me rassurer en m’expliquant que la cité était sure, grâce aux membres de la défense. Il était vrai que sans elle et sans Erik, je ne m’en serais pas sortie. Mais je devais avouer que de mon point de vue, une sécurité optimale aurait été de ne pas avoir à croiser de monstres dangereux.

Elle affirma ensuite que j’apprendrai rapidement à me défende. Je ne m’étais jamais imaginée en guerrière intrépide et cette image me fit bizarre. Finirais-je comme Deliah ? Svelte et le corps finement musclé ? Je n’y croyais pas trop, pour être franche. Si j’aimais manier des armes, ça n’avait jamais été dans un but d’autodéfense ou de chasse. C’était simplement le plaisir d’arriver à toucher une cible et la concentration que cela demandait.
- Mmmh, répondis-je pour ne pas contrarier la jeune femme.
Je ne désirais pas entrer dans un débat pour savoir si oui ou non je serais un jour capable de me défendre. Le temps nous le dirait. Mais pour l’heure, ce moment me paraissait à des milliers d’années-lumière.

Nous bifurquâmes dans la direction indiquée par la jeune femme. Les rues étaient encore désertes et cela donnait l’impression d’une ville fantôme. Encore plus lorsque nous passâmes devant une bâtisse en ruine. Je me demandai un instant ce qui avait pu causer de tels dégâts avant d’éloigner mon esprit de cette question. Je préférais ne pas savoir.
- Où est-ce que tu habites, toi ?, finis-je par demander pour rompre ce silence qui me pesait.
Je ne connaissais pas la ville et sa réponse ne me dirait probablement rien si elle n’habitait pas dans le coin.
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Re: Ponts et abords de la rivière

Message par Deliah Leucosie le Lun 24 Juil 2017 - 3:17

Deliah se demanda brièvement combien de temps il faudrait à Charlie pour qu'elle s'habitue à ce nouvel environnement et le considère enfin comme la nouvelle réalité, qu'il n'y avait pas d'échappatoire. Par extension, elle se demanda combien de temps il avait fallu - ou bien faudrait - encore aux autres habitants, pour abandonner enfin leur vie d'avant, ne gardant que des souvenirs qui ne blessent plus quand on repense à eux. Était-ce possible ? Elle-même, qui ne regrettait pas les favelas, il lui arrivait de se réveiller la nuit en pensant être dans son lit au Brésil (bien que le mot lit fut une exagération) et il lui fallait quelques secondes pour se rappeler d'où elle était. Ses rêves l'emmenait parfois dans les rues de Rio, ils étaient souvent plus réalistes que ce qu'elle vivait la journée.

Quand cesseront nous d'être des terriens ? Elle ne trouverait pas la réponse aujourd'hui, ni demain. mais un jour sûrement, du moins en était-elle persuadée.

- Où est-ce que tu habites, toi ?

La question de la jeune femme la tira de ses pensées. Elle cligna des yeux, remettant ses idées en place et répondit toujours d'une voix assez douce, comme si elle avait peur que les décibels brisent sa compagne de route.

- Au Nord-Ouest de la Cité, indiqua-t-elle. [color:e1e9=##620000]Le Hangar.

Si il y avait une majuscule dans le nom, elle ne laissa rien sentir. De toute manière, elle doutait que Charlie en ai entendu parlé, et elle doutait autant qu'elle se retrouve là un jour. Et puis elles arrivaient à la Cabane, de toute manière.

- C'est juste ici, dit-elle en montrant le logement. Tiens, attend une seconde...

Une fois encore elle sortit son communicateur et pianota dessus. Elle savait où chercher l'information, cependant il lui fallu un peu de temps pour naviguer dans le réseau et retrouver Charleen, puisqu'elle l'avait d'abord chercher au nom de Charlie et qu'en y associant une affectation récente et de logement à la cabane, rien n'était sortit. Elle nota que l'américaine était dans le secteur Santé, puis l'appela et quand elle entendit le communicateur de Charleen biper, elle raccrocha.

- Je viens de t'appeler, comme ça je suis enregistrer dans tes contacts et tu pourras me recontacter facilement. Surtout n'hésite pas, si tu as un soucis.

A vrai dire elle faisait cela par gentillesse, mais elle était persuadée que la jeune femme ne la recontacterait pas. Elle devait déjà avoir des liens avec le secteur Santé et des personnes à appeler en cas de soucis ; Deliah allait se retrouver très très loin dans sa liste des numéros d'urgences. Cela permettait donc juste de montrer que dans la Cité, tout le monde était solidaire avec tout le monde. Et ça n'était pas un luxe.
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Re: Ponts et abords de la rivière

Message par Charleen Imbach le Dim 27 Aoû 2017 - 19:05

Leur chemin s’arrêta finalement devant une habitation en bois un peu branlante. Je la regardai, l’air clairement pas convaincu, attendant que Deliah me dise qu’elle s’était trompée. Cette bicoque semblait sur le point de nous tomber dessus. Ce n’était manifestement pas sûr et aussi peu engageant que la ruine qu’on avait croisée un peu plus loin.
J’attendais, j’attendais, mais le mea-culpa tant attendu ne vint pas. Un moment, je me demandai même si elle n’était pas entrain de me faire une blague. Son attitude sérieuse me chuchota que ce ne devait néanmoins pas être le cas. Mon expression sceptique se transforma en une grimace que je tentai de camoufler.
J’étais tellement déstabilisée par l’allure de ce qui allait être ma future maison que j’aurais aimé qu’elle m’accompagne à l’intérieur. Au moins pour vérifier avec moi qu’il n’y avait pas de monstres cachés dans les placards. Parce que bon, malgré les barreaux aux fenêtres, le bois avait l’air tellement fragile que ce devrait être un jeu d’enfants pour les poulpes d’entrer dedans. J’eus un flash : moi profondément endormie dans mon lit et étranglée dans mon sommeil par l’une de ces créatures. Avec cette image en tête, je devinai que je n’allais pas bien dormir cette nuit.

Sur mon communicateur, une drôle de musique retentit. Je le sortis de ma poche et constatai que l’hologramme affichait le nom de Deliah. Elle m’expliqua que je pourrai l’appeler en cas de problèmes. C’était une attention très gentille de sa part. Au moins, si j’avais un souci, je saurai vers qui me tourner. Le hic, c’était que j’étais à peu près sure que si je me faisais attaquer à nouveau, elle n’aurait pas le temps d’arriver pour me sauver. J’avais besoin d’un  garde du corps personnel ! Il fallait que j’étudie la question. J’étais prête à payer, même si je n’avais aucun argent. Personne n’en avait, de toute façon, on m’avait expliqué que tout fonctionnait par rationnement. Alors j’échangerai protection contre mes rations !
- Merci beaucoup, répondis-je simplement.
J’aurais voulu ajouter autre chose, qu’elle sache que je me rendais compte de ce que je lui devais. La vie ! Mais rien ne vint. Je sentis le désarroi remonter en moi à vitesse grand V, et la peur de me retrouver seule à nouveau. Deliah s’en allait. Je la regardai s’éloigner, emportant avec elle le peu d’assurance qu’elle avait réussie à me redonner. Refoulant les larmes, je me détournai et inspirai un grand coup avant de franchir le pas de la porte.


[Fin du RP]
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Re: Ponts et abords de la rivière

Message par Charleen Imbach le Mer 1 Nov 2017 - 15:04

Make a wish into the well
avec Rosa Aletti


Il y avait des jours avec et des jours sans (Les amis qui retourneront leur veste en un rien de temps, Des jours de peine qui nous enchaînent et les tourments … ). Et aujourd’hui, Je devais faire sans. J’allais mieux, c’était indéniable. Pourtant, j’avais régulièrement des baisses de moral. Je tentais de laisser mes proches à l’écart, mais dès que quelque chose me ramenait à eux je chutais à nouveau. Je restais partagée entre l’envie de les effacer de ma mémoire, pour pouvoir me reconstruire une vie, et le besoin de ne pas oublier tout ce qu’ils avaient représenté pour moi. Je chérissais tellement mon passé que j’avais du mal à regarder devant moi.

J’avais senti que j’allais craquer, alors j’étais sortie. Depuis, j’errais, comme une âme en peine, aux alentours de l’hôpital. Je me sentais lasse, fatiguée. J’avais l’impression que toute énergie avait quitté mon corps et je n’aspirais plus qu’à dormir. Dormir, dormir, dormir … Mais je n’avais même pas la force de rejoindre mon logement. Pathétique.
Je m’arrêtai au milieu d’un pont et me perdis dans le remous de l’eau. Leurs visages m’apparaissaient, avant d’être balayés par les ondulations aqueuses.

Je me revis avec ma cousine, penchée sur le puits de la propriété, à essayer d’en déceler le fond. Nous avions imaginé nombre d’histoires à son sujet. Il abritait tantôt des monstres, tantôt un esprit magique, comme dans Blanche Neige. Nous nous amusions à lui conter nos rêves et nos désirs, guettant un écho.
La chanson me revint en mémoire et, sans m’en rendre vraiment compte, je me mis à chantonner doucement.

♪ Un pouvoir magique est dans ce puits.
♬ Faire un vœu désire-t-on,
Au puits il faut le dire. ♪
♫ Si l'écho sans tarder répond,
On a ce qu'on désire. ♩ …

Il y avait des tas de choses que je désirais, mais aucune magie ne semblait en mesure des les exaucer. À l’époque, nous y croyions pourtant. Gret' avait émis le souhait que Sean tombe amoureux d’elle. Durant la récréation, elle avait pris son courage à deux mains et lui avait demandé s’il voulait bien devenir son amoureux. Ce à quoi il avait répondu oui. Elle était belle et gentille, Gretchen, il aurait eu tort de dire non. Ces souvenirs heureux me tenaient chaud.
Je soufflai, séchai les larmes qui avaient perlé sur mes yeux d’un revers de la main et me redressai.

Du coin de l’œil, je vis qu’une silhouette montait sur le pont. Je tournai la tête et reconnue une jeune femme, transférée il y avait peu. Je l’avais vu une fois, alors que je faisais le ménage dans la salle de réveil. Des cheveux blancs comme les siens, ça ne s’oubliait pas. Pas plus que la cicatrice qui barrait son joli visage.
Je supposais qu’elle venait tout juste d’être autorisée à sortir et qu’elle avait peut-être besoin d’être aiguillée.
- Salut, dis-je alors qu’elle arrivait à ma hauteur, sans trop savoir ce que j’allais lui dire par la suite. Je t’ai vu au centre de réveil. Je travaille dans la santé, m’empressai-je d’ajouter pour qu’elle ne se fasse pas des idées ; je n’étais ni une voyeuse ni une psychopathe. Pas encore, tout du moins. C’est ta première sortie ?
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Re: Ponts et abords de la rivière

Message par Rosa Aletti le Mer 1 Nov 2017 - 21:51

Je venais de sortir de l’hôpital. Les choses allaient bien, et c’est avec curiosité que je m’apprêtais à explorer les environs. Ceux-ci m’apparurent très hétéroclites ; il n’y avait pas de cohérence architecturale forte, dans cette Cité sans nom. Mais quelque chose dans l’atmosphère rendait le tout homogène, comme si, finalement, chaque construction, chaque coin de verdure, et les filets d’eau, participaient d’une même et vaste histoire ; comme cette couverture en patchwork que je m’étais bricolée lorsque j’étais au lycée, pour personnaliser un peu ma chambre à l’internat.
J’avais pu récupérer mon épée et la tenue que je portais lorsque j’avais été... transférée. Bien que j’eusse assimilée l’information, j’avais encore du mal à m’y faire, à comprendre ce que cela signifiait profondément. J’étais dans un nouveau monde, quelque chose de complètement différent de ce que je connaissais. J’allais devoir m’adapter, me faire une place, et ce aussi rapidement que possible. Je n’aime pas me faire remarquer bêtement, alors il faut vraiment que je me fonde dans le moule. Problème : je ne sais pas de quoi il est fait, et j’aurais bien besoin d’être un tant soit peu aiguillée. Les médecins ont beau m’avoir tout expliqué, passer de la théorie à la pratique n’aura rien de simple. Et il y a cette histoire de pouvoir qui m’inquiète grandement...

Toute à mes réflexions, j’avance de mon pas à la fois tranquille et rapide -c’est ainsi qu’on l’avait qualifié un jour, et je m’étais emparée avec plaisir de cet oxymore- dans un secteur envahi de ponts de toute sorte. J’en passe, un, puis un second, et approche d’un troisième sur lequel j’aperçois une silhouette. En m’approchant, je constate qu’il s’agit d’une silhouette féminine m’étant vaguement familière, certainement quelqu’un que j’avais croisé à l’hôpital. En m’approchant d’avantage, je suis soudain prise d’une très forte angoisse. Je ressens de nouveau ces drôles de sensations que j’ai à proximité d’une personne, le sentiment de savoir ce qui la lie au monde, et comment. C’est très déstabilisant. Et cette angoisse qui monte... Je sens que la jeune femme, dont je suis presque à la hauteur, est lié à l’eau toute proche par une chanson ; je sens que de nombreux liens sont coupés, il n’y a presque que ça, de la coupure, des liens cassés, comme si bien peu de choses la reliaient à ce monde... ce monde-ci ? Des morts, ou bien des personnes restées sur Terre...

Rosie, tu t’emballes. Tu n’as aucune idée de ce que c’est que cette chose que tu perçois, ne laisse pas ton instinct prendre le dessus, et surtout garde ça pour toi.

Je me sens complètement perdue, et surtout très angoissée. Si c’est cela, mon pouvoir magique, je m’en serais bien passé. Et puis qu’est-ce, au juste ? Une perception de liens ? Mais cette perception me prend aux tripes, elle est viscérale. C’est le flou dans ma tête, et spontanément j’ai envie d’attraper mon épée et de faire quelques pas de danse, juste pour évacuer. Mais ce n’est guère le moment, car me voici à hauteur de la jeune femme. Remplie d’anxiété à l’idée qu’elle puisse déceler mon angoisse, je ne compte d’abord pas lui adresser la parole mais simplement un léger sourire comme je sais si bien le faire, mais...

Salut, je t’ai vu au centre de réveil. Je travaille dans la santé. C’est ta première sortie ?

Ainsi donc je ne m’étais pas trompée, je l’avais bien croisé dans l’hôpital. Moi qui avais une terrible mémoire visuelle, je pouvais sans doute mettre ça sur le compte de la concentration optimale voire même excessive que j’avais déployée durant les heures passées dans la salle de réveil, cherchant à recueillir tous les détails sur ce nouvel univers. La jeune femme était avenante, mais tout en elle criait une souffrance, une cassure. Du moins était-ce que je percevais, et mieux valait-il garder ça pour moi le temps d’identifier si le transfert m’avait rendue folle ou s’il s’agissait véritablement de... magie.

« Salut, oui je me souviens de toi... Oui, je viens juste de sortir. »

Je fais une pause, passant nerveusement ma main dans mes cheveux détachés, les soulevant comme j’en avais l’habitude, avant de les laisser retomber à leur guise -en l’occurrence, quelques mèches devant les yeux que je ne chasse pas. Je prends mon souffle intérieurement, histoire de masquer mon angoisse, avant d’ajouter, le sourire aux lèvres :

« Je m’appelle Rosa, enchantée. »
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Re: Ponts et abords de la rivière

Message par Charleen Imbach le Sam 11 Nov 2017 - 11:49

Une main dans les cheveux, comme une brise légère. Une crinière blanche qui danse et vole au vent. Je revoyais ma cousine, agiter son apparat. C’était son arme de séduction, ses longs cheveux blonds. Elle les faisait virevolter dans son dos et lorsqu’ils frôlaient son coup, ses joues, son visage, n’importe qui aurait pu avoir envie d’être à leur place. Sa chevelure et sa candeur en avaient fait craquer plus d’un.
Ce geste me troubla, nouveau rappel du passé. J’aurais aimé la voir en face du moi et la serrer dans mes bras. Mais le minois qui me faisait face n’était pas le sien. Il y avait une force dans la douceur de son visage, ce que ne possédait pas ma cousine. Gretchen c’était Raiponse, douce et naïve. La jeune femme me faisait plus penser à Elsa, et pas seulement pour ses cheveux. Elle dégageait de la détermination et une force de caractère.
« Simplette et naïve, tu n'es qu'une empotée, Étourdie et même flasque ♫ … », les notes de cette musique tintèrent dans ma tête. Il m’était arrivé de lui chanter cette chanson, alors que j’essayais de lui éviter un drame amoureux. Ma cousine n’avait jamais aimé que je la compare à Raiponse. Elle se voyait plus Cendrillon.

La jeune femme se présenta sous le nom de Rosa. À deux lettres près, je n’étais pas loin d’avoir trouvé ! C’était un drôle de hasard. Je l’imaginais maître de la glace. Quel autre pouvoir, sinon celui-là, pour la reine des neiges ?
- Moi c’est Charlie, répondis-je un peu troublée par la situation. De même.
J’avais l’impression de devenir folle, perdue entre passé et présent. Les souvenirs s’entrechoquaient dans mon esprit sans que je parvienne à les stopper. J’avais l’impression qu’une vague s’abattait sur moi et j’avais peur de me faire emporter par le courant. J’aurais pu me jeter dans la rivière, si mon instinct de survie ne s’était pas éveillé, tel un animal prêt à tout pour lutter contre les remous. Je repoussai vivement toutes ces réminiscences de mon enfance pour regagner la berge.
Un silence gêné s’était installé et je m’empressai de le briser en disant la première chose qui me vint à l’esprit :
- C’est une épée que tu as là ? Tu as été affectée à la défense ?
Elle était parfaitement crédible, en guerrière, avec sa tenue d’un ancien temps.
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Re: Ponts et abords de la rivière

Message par Rosa Aletti le Sam 25 Nov 2017 - 15:30

J’observe à travers mes cheveux la jeune femme qui se présente sous le nom de Charlie. Elle a l’air songeur, comme si elle était perdue dans ses pensées, comme si elle était autre part. Et cette boule d’angoisse en moi qui ne part pas. Nous devions sembler troublées et mal à l’aise à qui regarderait la scène. Ou bien rien de tout cela ne paraîtrait. J’ai toujours été fascinée par cette incapacité que nous avons à savoir exactement ce que vit Autrui. Celui-ci demeure un mystère pour nous, nous ne pouvons nous mettre à sa place, vivre ses émotions, connaître ses souvenirs, savoir ce qui le lie au monde, l’anime, le fait vivre. Et si... Et si des pouvoirs, ici, dans ce monde nouveau, le permettait ? Et si mon pouvoir était une sorte d’empathie pour les liens, pour les relations, et que cela m’ouvrait un peu au mystère qu’est l’Autre ? Ce serait à la fois extraordinairement passionnant, mais aussi très déroutant. Et... angoissant semblait-il.

Un silence pesant s’était installé alors que j’étais toute à mes pensées, et Charlie aux siennes. Nous étions, semblait-il, toutes deux en proie à une forme de lutte interne. La mienne, c’était cette angoisse, ce pouvoir que je ne pouvais contenir, et que j’avais l’impression de ne pas pouvoir contrôler. Tout était nouveau, soudain, je manquais d’expérience. Mais tout me disait que la jeune femme en face de moi avait des liens affectifs forts qui s’éteignaient aussitôt qu’ils sortaient d’elle, comme s’ils étaient morts ou... dans un autre monde. Mais je ne pouvais pas me permettre de lui poser la question de but en blanc pour vérifier la véracité de mes sensations, elle n’était pas un sujet d’expérience, et moi certainement pas une scientifique. Alors je me contentais de lutter contre l’angoisse et de mette de côté ces ressentis.

« C’est une épée que tu as là ? Tu as été affectée à la défense ? »

Charlie venait de briser le silence. Je reprends contenance, prend la peine de remettre mes mèches de cheveux derrière mes oreilles, et lui répond d’une voix au ton un peu trop gai pour être naturel :

« Oui, c’est bien une épée, mais j’ai été affectée au secteur de la Santé. J’imagine qu’il n’est pas courant qu’on se promène avec des armes... Je me sers de la mienne pour danser, pas pour combattre. »

Je souris plus naturellement cette fois, à l’aise à l’idée de parler de ma passion. Je me permets de déployer mon épée pour dévoiler sa lame fine et équilibrée, les quelques inscriptions qui y figurent, deux mots : Uno tutto. Référence à l’alchimie. Mais ça ne lui donne toujours pas de nom. Peut-être pourrais-je l’appeler Osmose. J’appuie mes dires de quelques arabesques à l’épée, avant de la ranger de nouveau dans son fourreau.
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Re: Ponts et abords de la rivière

Message par Charleen Imbach le Dim 26 Nov 2017 - 11:43

Ma question brisa la gêne qui s’était installée, tandis que la réponse de Rosa piqua ma curiosité. Mes sourcils s’étaient relevés, intriguée par cette drôle d’association qu’était l’épée et la danse. Cela fit écho à la série Games of Throne. C’était loin d’être ma fiction préférée. Le déferlement de violence, en particulier contre la gente féminine, me mettait mal à l’aise. J’avais néanmoins vu la plupart des épisodes avec Gretchen qui était tombée en pâmoison devant Littlefinger. Un personnage que je percevais comme un être vil et peu recommandable.

Je regardai l’épée qu’elle me présenta avec curiosité. Elle était belle et il était évident que la jeune femme en prenait grand soin. Elle semblait drôlement affutée pour un accessoire de danse. N’était-ce pas dangereux ?
La réponse me fut donnée lorsqu’elle effectua quelques gestes, amples et aériens. Si elle n’était pas maîtresse de la glace, elle l’était forcément de l’air. Elle ne dansait pas seulement avec son épée, mais aussi avec le vent. J’avais l’impression de le voir tourbillonner autour d’elle, glisser sur sa peau et se fendre au contact de la lame.

Devant ce spectacle, pour le moins inattendu, ma bouche s’était légèrement entre ouverte. Je m’empressai de la refermer, lorsque je m’en rendis compte. Je comprenais maintenant ce qu’elle entendait par danse. Je réalisai que cela pouvait surement s’appliquer à tous les sports de combat. N’y a-t-il pas toujours une forme de danse, entre deux corps qui s’opposent, qui se cherchent, s’évitent … ?

Cette démonstration m’avait apaisée. Je me sentais légère. Elle aussi semblait plus sereine qu’au début de notre rencontre.
- C’est très beau, répondis-je simplement. Tu es une danseuse de l’eau, comme Aria ?, ajoutai-je dans un sourire.
La série était tellement connue que je supposais qu’elle connaîtrait la référence.
- Ce n’est pas plus mal que tu sois armée, ça peut servir.
Je n’osai pas en dire plus, de peur de l’effrayer. Et en même temps, n’était-ce pas déjà effrayant de sous-entendre que la cité était dangereuse ?

De l’avoir vu danser comme ça, ça m’avait donné envie d’essayer. Pour moi aussi, m’emplir de sérénité et flotter. Et me sentir plus forte, moins vulnérable, face aux monstres présents dans ce monde.
Je ne me considérais pas comme une bonne danseuse, même si j’avais le sens du rythme. J’étais décomplexée et je me fichais de ne pas être au summum du sexy ou du tendance. Mon truc, c’était plus la musique. Asticoter les cordes d’une guitare ou battre la mesure sur toute surface capable de créer une résonance. Mais là, j’avais envie de danser avec elle, de tourbillonner sur le chant du vent.
- Tu m’apprendrais ?, laissai-je échapper sans avoir pris le temps de réfléchir à ce qu’impliquait cette demande.

Je m’étais laissé guider par mon instinct. C’était drôle, comme il me poussait vers elle. Etait-ce dans le but désespéré de me raccrocher à quelqu’un qui me rappelait ma cousine ?
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